"Il venait de s’étendre sur la natte et ses yeux s’alourdissaient déjà de sommeil quand le sol a vibré. Etait-ce dans son rêve ? Le bruit et les cris lui confirmèrent que non. La terre tremblait à nouveau… Il se redressa et bondit hors de la maison. Enfin, si l’on pouvait appeler comme cela les deux tôles ondulées maintenues par des pieux, à peine enfoncés dans le sol. Dans la nuit, le bidonville ressemblait à un amas de ferraille où son peuple se serrait les coudes. Pourtant, ce soir là, l’horreur régnait à nouveau."
Léa raconte la vie d'une jeune femme partie comme bénévole à Haïti... A partir de cet itinéraire et de plusieurs rencontres qui marqueront sa vie, ce roman nous introduit à la vocation du mariage, ses enjeux, ses limites. Une réflexion contemporaine sur la préparation et les premiers pas d'une vie à deux.
Claude Hériard signe ici la sixième partie d'un roman fleuve, commencé sous le titre de La danse de l'espionne. Ce livre, qui peut se lire séparément est cependant une histoire décalée plus axée sur un des points forts de l'auteur : la préparation au mariage. En effet, une partie de ce livre utilise la trame d'un autre ouvrage, à paraître en février 2012 aux Editions de l'Atelier. Nous en reparlerons.
Réflexions au jour le jour sur la vie à deux, ses joies et ses tristesses... Mariage de joie, Mariage folie, Mariage d'amour, Mariages à l'église...Mariage pour toujours...Tout un programme... pour un blog. Une approche humaine, philosophique, pastorale et théologique du mariage par l'auteur de PMC
mardi, novembre 15, 2011
dimanche, novembre 13, 2011
46ème Congres de la FICPM
La Fédération Internationale des CPM et les CPM Canadiens vous invitent au 46ème congrés de la Fédération à Quebec du 23 au 28 juillet 2012 sur le thème : De l’union libre au sacrement de mariage.
Vous trouverez sur le site de la fédération, le PDF complet.
Vous trouverez sur le site de la fédération, le PDF complet.
samedi, octobre 29, 2011
25 ans de mariage
50 ans, Marié depuis 25 ans... Pour le meilleur et pour le pire...
En fait c'est plutôt un chemin de grâce... :-)
Un premier bilan :
- Une femme dont je suis fou
- deux filles qui sont ma fierté
- trois comme trois passions : l'écriture, la nature, la théologie, ou comme une symphonie trinitaire, un "je-tu-il" qui ouvre à la transcendance, ou enfin le début d'une danse...
- quatre étages à monter tous les soirs depuis 25 ans :-)
- cinq années de théologie à la catho, génial...
- six filleuls tous différents, tous graines d'espoir
- sept, comme sept sacrements, dont bien sûr le mariage
- huit tomes écrits dans ma saga : la danse de l'espionne
- neuf contemplations
- dix essais de théologie
- (...)
- douze comme les apôtres, tout un programme (cf. Jean)
- seize comme le jour de ma naissance, le département de ma naissance et le nom de ma deuxième fille...
- vingt ans à préparer les couples au mariage à saint-Séverin... (1986-2006)
- vingt-cinq années de grâce...
vendredi, février 25, 2011
L'homme... s'attachera à sa femme
« L'homme...s'attachera à sa femme
et tous deux ne feront plus qu'un »
Que faut-il que tu dises à ta femme ? Dis-lui avec beaucoup de douceur : « ...Je t'ai choisie, je t'aime et te préfère à ma propre vie. L'existence présente n'est rien ; c'est pourquoi mes prières, mes recommandations et toutes mes actions, je les fais pour qu'il nous soit donné de passer cette vie de manière à pouvoir être réunis dans la vie future sans plus aucune crainte de séparation. Le temps que nous vivons est court et fragile. S'il nous est donné de plaire à Dieu durant cette vie, nous serons éternellement avec le Christ et l'un avec l'autre dans un bonheur sans limites. Ton amour me ravit plus que tout et je ne connaîtrais pas de malheur plus insupportable que d'être séparé de toi. Quand je devrais tout perdre et devenir plus pauvre qu'un mendiant, encourir les derniers périls, et endurer n'importe quoi, tout me sera supportable tant que ton affection pour moi demeure. Ce n'est qu'en comptant sur cet amour que je souhaiterai des enfants. »
Il faudra aussi conformer ta conduite à ces paroles... Montre à ta femme que tu apprécies beaucoup de vivre avec elle et que tu aimes mieux, à cause d'elle, être à la maison que sur la place. Préfère-la à tous les amis et même aux enfants qu'elle t'a donnés ; et que ceux-ci soient aimés de toi à cause d'elle...
Vos prières, faites-les en commun. Que chacun de vous aille à l'église et qu'à la maison le mari demande compte à sa femme, et la femme à son mari, de ce qui a été dit ou lu... Apprenez la crainte de Dieu ; tout le reste coulera comme de source et votre maison s'emplira de biens innombrables. Aspirons aux biens incorruptibles, et les autres ne nous feront pas défaut. « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu, nous dit l'Évangile, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église Homélie 20 sur la lettre aux Éphésiens, 4, 8, 9 : PG 62, 140s (trad. Orval)
Source : http://www.levangileauquotidien.org
et tous deux ne feront plus qu'un »
Que faut-il que tu dises à ta femme ? Dis-lui avec beaucoup de douceur : « ...Je t'ai choisie, je t'aime et te préfère à ma propre vie. L'existence présente n'est rien ; c'est pourquoi mes prières, mes recommandations et toutes mes actions, je les fais pour qu'il nous soit donné de passer cette vie de manière à pouvoir être réunis dans la vie future sans plus aucune crainte de séparation. Le temps que nous vivons est court et fragile. S'il nous est donné de plaire à Dieu durant cette vie, nous serons éternellement avec le Christ et l'un avec l'autre dans un bonheur sans limites. Ton amour me ravit plus que tout et je ne connaîtrais pas de malheur plus insupportable que d'être séparé de toi. Quand je devrais tout perdre et devenir plus pauvre qu'un mendiant, encourir les derniers périls, et endurer n'importe quoi, tout me sera supportable tant que ton affection pour moi demeure. Ce n'est qu'en comptant sur cet amour que je souhaiterai des enfants. »
Il faudra aussi conformer ta conduite à ces paroles... Montre à ta femme que tu apprécies beaucoup de vivre avec elle et que tu aimes mieux, à cause d'elle, être à la maison que sur la place. Préfère-la à tous les amis et même aux enfants qu'elle t'a donnés ; et que ceux-ci soient aimés de toi à cause d'elle...
Vos prières, faites-les en commun. Que chacun de vous aille à l'église et qu'à la maison le mari demande compte à sa femme, et la femme à son mari, de ce qui a été dit ou lu... Apprenez la crainte de Dieu ; tout le reste coulera comme de source et votre maison s'emplira de biens innombrables. Aspirons aux biens incorruptibles, et les autres ne nous feront pas défaut. « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu, nous dit l'Évangile, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église Homélie 20 sur la lettre aux Éphésiens, 4, 8, 9 : PG 62, 140s (trad. Orval)
Source : http://www.levangileauquotidien.org
mercredi, février 02, 2011
Réflexions sur l'engagement...

Vient de paraître...
Travaux de recherches sur l'engagement chrétien dans le cadre d'une intervention à Nice en 2010 pour l'équipe diocésaine des Centres de préparation au mariage.
Disponible sous ce lien...
Réflexions et travaux du même auteur pour les animateurs de préparation au mariage :
Philippe Bordeyne, Ethique du mariage
Autour d’une lecture
Compte rendu à la suite de la lecture d’Ethique du Mariage (1) et d'un entretien avec l’auteur.
Ce qui surprend, c’est qu’en dépit du titre de l’ouvrage et de la personnalité de l’auteur, théologien moraliste et doyen du Theologicum, le livre est tout en nuances, j’oserais dire tout en tendresse sur la situation de l’homme dans son rapport avec le mariage. Il faut dire que le P. Bordeyne est aussi délégué diocésain pour la préparation au mariage de Nanterre, ce qui l’oblige probablement à conjuguer morale et pratique pastorale. Lors de la présentation du livre à l’ICP, il a rendu hommage à ceux qui l’ont aidé dans ce sens. Ce qui compte pour lui, c’est probablement de faire état des tensions intérieures qui traversent l’histoire du mariage, son rapport avec le temps et la société, d’en dénoncer les failles et de présenter des ouvertures.
Le mariage a, pour lui, le risque d’être idéalisé, d’être le lieu de toutes les attentes, alors qu’il y a, en son sein, des ombres et des lumières. La sexualité n’échappe pas à cette tension. Lieu d’attente, érigée souvent en idole, elle peut aussi être lieu de violences et de non-dit.
L’ouvrage est structuré en six chapitres. L’auteur traverse d’abord toutes les disciplines qui touchent au mariage, depuis la théologie morale de X. Thévenot, le personnalisme porté encore aujourd’hui par X. Lacroix jusqu’à l’histoire du sacrement, l’ouverture donnée par Vatican II, la psychologie, la biologie des passions. On croise dans ces pages P. Ricœur, J. Lemaire ou B. Cyrulnik. Dans une deuxième partie, P. Bordeyne nous conduit à travers les ressources qui s’offrent aux acteurs de la pastorale. Le chapitre trois présente une analyse du potentiel éthique de la liturgie et le chapitre 4 une traversée de l’Ecriture sainte. Les deux suivants étudient les avancées de la théologie moderne, notamment américaine.
Comme il me l’a confié, c’est probablement pour les animateurs, au chapitre trois, qu’il faudrait commencer la lecture. Le texte y est plus accessible. On y trouve une analyse innovante du rapport entre l’homme et la liturgie, lieu particulier de rencontre avec Dieu. A partir d’une lecture comparée l’ancien et le nouveau rituel, l’auteur cherche à identifier des ponts entre certains symboles liturgiques et ce qui joue dans l’engagement d’un homme et d’une femme. Interrogé sur ce point, P. Bordeyne précise le double rôle de la liturgie : un soutien et un regard critique sur notre vie. Il précise par des interrogations ; Qu’est-ce par exemple que franchir la porte de l'Église, comment cela rejoint notre situation de baptisé ? Ne devrait-on pas laisser une place plus importante aux parents, lors du baptême, qui vivent là une rupture entre leur situation de couple et parents ? Qu’est-ce pour des parents que de donner un nom à son enfant le jour de son baptême ? Que signifie le geste du prêtre dans la bénédiction nuptiale ? Il faut peut-être faire nôtres ces questions pour en témoigner dans nos sessions. Ces pistes rejoignent le nouvel accent mis sur la liturgie dans les dernières orientations du Texte national d’orientation pour la Catéchèse et notamment la thèse de Roland Lacroix (2) qui suggère que nous trouvions, à l’image de ce qui se fait en catéchuménat, des étapes et des symboles qui permettent aux fiancés de marquer leur avancée vers le mariage. Il y a probablement là des choses à inventer. Peut-on, comme nous l’avions tenté à Paris (3), faire vivre aux fiancés une première expérience liturgique, en les invitant à écouter dans une église, des textes et des chants qu’ils pourront ensuite choisir pour leur célébration ? Est-ce un moyen de les réinviter à franchir la porte de l'Église, à percevoir le sens d’une démarche communautaire ?
Un deuxième accent majeur du livre, déjà souligné dans le sous-titre : « La vocation sociale de l’amour », est de nous sensibiliser à la responsabilité du couple dans le monde. Déjà, comme me le rappelait P. Bordeyne, Vatican II souligne l’importance de la dimension sociale du couple : « Dieu n’a pas créé l’homme solitaire : dès l’origine il les créa homme et femme (...) expression première de la communion des personnes. L’homme, de par sa nature profonde est un être social… » (4). En cela il ouvre, pour nous animateurs, des pistes pastorales intéressantes, souvent peu visitées : En quoi le couple, dans son choix d’un mariage-institution a un rôle fondateur, structurant dans la société ? N’insiste-on nous pas trop sur l’accueil d’une démarche individuelle en oubliant d’éveiller à l’enjeu institutionnel de l’alliance d’un homme et d’une femme, unis pour signifier l’amour mais aussi agir ensemble au sein du corps social ? Sur ce thème, une des clés de lecture les plus innovantes dans cet essai est celle apportée par l’étude du Bon Samaritain (chap. IV), où les ressources de l’exégèse, mêlées à une approche éthique, donnent un cocktail intéressant pour relire et discerner l’engagement du couple dans le ministère de la compassion, de l’aide aux blessés de la vie. En cela le livre nous conduit à nous pencher sur toutes les misères humaines et conduit le lecteur à prendre conscience que l’enjeu du mariage n’est pas individuel mais universel. L’auteur étudie également les constituants de l’engagement à l’aune de la morale. Ses pages sur la fidélité et l’indissolubilité nous interpelleront jusque dans notre façon de vivre à deux ces fondements de l’union conjugale…
Sa conclusion va plus loin encore, jusqu’à interroger sur le sort réservé aux célibataires involontaires, aux divorcés et à ceux laissés sur le côté du chemin.
Personnellement, j’y ai retrouvé une résonnance (p. 218) avec mes recherches sur la danse trinitaire (cf. AR n° 251). La lecture de ce livre ne laisse pas en tout cas indifférent. Sa densité est surprenante voire étourdissante. L’ampleur des références (plus de 250 auteurs cités sur 267 pages) nous ouvrent à d’importantes pistes de recherche que P. Bordeyne reconnaît devoir encore creuser. On peut regretter par contre le style et le vocabulaire universitaire des premiers chapitres. C’est la seule faille de ce livre à travailler et méditer…
Claude Hériard, formateur CPM (et petit étudiant au Theologicum)…
(1) Philippe Bordeyne, Ethique du mariage, la vocation sociale du mariage, collection Théologie à l’université, DDB, Paris, 2010
(2) in Des itinéraires de type catéchuménal vers les sacrements, Service National de la catéchèse et du Catéchuménat. Bayard, Sous la direction de Jean-Claude Reichert, Préface de Mgr Robert Le Gall.
(3) Le texte de cette « soirée texte » est en ligne dans l’ancienne zone privée du site PMC. Il est utilisé utilisé par d’autres équipes en France.
(4) cf. Gaudium & Spes, 12,4 cité p. 97
PS : Un extrait de cet article est paru dans la revue Projet
samedi, juin 05, 2010
Les amants de l'Avre

Les amants de l'Avre est un petit roman consacré à la vie conjugale. Sur l'intuition de mon épouse, il m'a semblé intéressant de travailler sur l'histoire au long cours d'un couple. Alice et Charles se sont rencontrés dans la petite enfance, dans une vallée perdue. Ce qui n'était alors qu'une amitié de jeunesse a conduit à autres chose. Séparés par la vie, dans ce qu'elle recèle souvent de brutalité, ils ont pris des chemins différents mais ce sont recroisés.
Comment construire un amour sur 50 ans ? Quels en sont les failles, les pièges et les joies ? A travers ce récit à deux voix, Les amants de l'Avre propose un peu plus qu'un roman. C'est une manière d'interpeller notre propre idée du mariage, des joies et des peines de la vie à deux, dans un chemin qui peut nous conduire jusqu'au grand départ.
Au sein de cette histoire, la Parole de Dieu n'est pas absente. Elle habite le discernement de l'un et de l'autre, conduit à des choix et des interpellations. En cela, ce livre est un peu plus qu'un roman... Une autre manière d'envisager la vie conjugale...
mercredi, août 12, 2009
A deux vers le mariage
Se préparer au mariage, c'est avant tout poser des jalons pour un dialogue conjugal de qualité, sur toutes les étapes de la vie à deux. "A deux vers le mariage" écrit par un des anciens responsables de la Préparation au mariage catholique en France, trace un itinéraire destiné à ceux qui se marient à l'Eglise catholique. A partir de questions et d'exemples concrets, il permet de s'interroger sur les chemins de l'amour et complète utilement une préparation au mariage à l'église. Il reprend les premières pages d'un livre publié sous le titre "Bonheur dans le couple" mais sous une forme plus adaptée à une préparation à deux (questions, exemples, commentaires).
lundi, avril 06, 2009
Rainer Maria Rilke
L'amour qui lie un être humain à un autre est peut être la chose la plus difficile qui nous soit imposée, c'est le point ultime, la dernière épreuve, le labeur pour lequel tous les autres labeurs ne sont encore qu'une préparation. C'est pourquoi les jeunes gens, qui sont encore tous débutants ne savent pas encore aimer ; il leur faut apprendre. (...) Pas plus que pour la mort, qui est difficile, il n'existe pour le difficile amour aucune clarté, aucune solution, pas le moindre signe indicateur, ni le moindre itinéraire...
Lettre à un jeune poète, 14 mai 1904
Rainer Maria Rilke, Trad. La Pléiade. in Oeuvres en Prose, p. 943 et 945
Lettre à un jeune poète, 14 mai 1904
Rainer Maria Rilke, Trad. La Pléiade. in Oeuvres en Prose, p. 943 et 945
jeudi, février 14, 2008
Dialogue
Dans le dialogue « la parole de l’interlocuteur est, de toute évidence, l’extériorisation de l’autre : ce dernier veut que soit compris non les sons qui sortent de sa bouche mais lui-même ». (1)
L’intérêt dans ce cadre d’une démarche conjugale est par la relation de permettre de prendre conscience qu’au-delà de soi-même l’autre existe, est irréductiblement autre et par mon désir m’appelle à être moi-même et pour l’autre. En ce sens, le désir est fondement de mon décentrement.
On retrouve d’ailleurs plus loin chez Hans Urs von Balthasar, une idée qui vient élargir ce concept : « Les amants, du fait qu’entre eux règne l’être englobant, ne se ferment jamais l’un pour l’autre mais dans leur fécondité (quel qu’en soit le résultat) s’ouvrent au mystère fondamental de l’être. La fécondité liée à la seule nature (la procréation d’un enfant par exemple) demeure un symbole, important il est vrai, mais tout de même limité de cette fécondité de l’amour. Il reste qu’à celui-ci doit correspondre à l’intérieur de l’identité divine quelque chose qui demeure inexprimable au niveau de l’archétype. » (2)
(1) Hans Urs von Balthasar, Epilogue, ibid, p. 37
(2) ibid. p. 40
L’intérêt dans ce cadre d’une démarche conjugale est par la relation de permettre de prendre conscience qu’au-delà de soi-même l’autre existe, est irréductiblement autre et par mon désir m’appelle à être moi-même et pour l’autre. En ce sens, le désir est fondement de mon décentrement.
On retrouve d’ailleurs plus loin chez Hans Urs von Balthasar, une idée qui vient élargir ce concept : « Les amants, du fait qu’entre eux règne l’être englobant, ne se ferment jamais l’un pour l’autre mais dans leur fécondité (quel qu’en soit le résultat) s’ouvrent au mystère fondamental de l’être. La fécondité liée à la seule nature (la procréation d’un enfant par exemple) demeure un symbole, important il est vrai, mais tout de même limité de cette fécondité de l’amour. Il reste qu’à celui-ci doit correspondre à l’intérieur de l’identité divine quelque chose qui demeure inexprimable au niveau de l’archétype. » (2)
(1) Hans Urs von Balthasar, Epilogue, ibid, p. 37
(2) ibid. p. 40
mercredi, janvier 02, 2008
Esprit et Eros
L’amour exigé des partenaires est définitif, au point qu’il est redevable exclusivement à l’Esprit Saint, qui est capable « dans les Epoux de transformer l’Eros naturel en une agapè qui a sa source en Dieu (...) l’amour subjectif devient dans le sacrement la norme objective de l’amour du couple humain. Déjà dans la nature non encore déformée de l’amour humain est esquissée une totale dépossession de soi-même en faveur du partenaire conjugal. C’est peut-être ce que sous-entend Paul quand il dit – ce qu’il faut prendre spirituellement – que « la femme ne dispose pas de son propre corps » (cf. 1 Co 7,4). Mais ce don des corps n’est parfait que dans l’axe d’une eschatologie…
Si l’amour conjugal que Thomas appelle maxima amicitia (CG III, 123) est déjà naturellement une suprême performance de l’Esprit humain, il convient de parler à propos du mariage chrétien (...) d’une inhabitation de l’Esprit Saint dans toutes les formes, actes et renoncement de l’amour fidèle. Car Agapè est le nom propre de l’Esprit Saint or dans l’économie du salut, l’agapè n’est concrète que dans le sacrement originaire de l’amour entre le Christ et l’Église. (1)
(1) Hans Urs von Balthasar, Théologique III, L’Esprit de Vérité, p.336
Si l’amour conjugal que Thomas appelle maxima amicitia (CG III, 123) est déjà naturellement une suprême performance de l’Esprit humain, il convient de parler à propos du mariage chrétien (...) d’une inhabitation de l’Esprit Saint dans toutes les formes, actes et renoncement de l’amour fidèle. Car Agapè est le nom propre de l’Esprit Saint or dans l’économie du salut, l’agapè n’est concrète que dans le sacrement originaire de l’amour entre le Christ et l’Église. (1)
(1) Hans Urs von Balthasar, Théologique III, L’Esprit de Vérité, p.336
jeudi, octobre 25, 2007
Témoignage
Pour Benoît XVI l’annonce de la foi est inséparable du témoignage de vie car celle-ci n’est pas crédible lorsque le chrétien se présente comme un acteur qui se limite à jouer un rôle.
(...) « Il est évident que le témoignage personnel du prédicateur et le niveau d'exemplarité de la communauté chrétienne conditionnent l'efficacité de la prédication », a déclaré le pape.
Pour cette raison, a-t-il expliqué « la catéchèse est inséparable du témoignage de vie ».
« Celui qui éduque à la foi doit être « comme le disciple bien-aimé, qui a posé sa tête sur le cœur du Maître, et qui a appris là la façon de penser, de parler, d'agir ».
Source : Zenit.org
(...) « Il est évident que le témoignage personnel du prédicateur et le niveau d'exemplarité de la communauté chrétienne conditionnent l'efficacité de la prédication », a déclaré le pape.
Pour cette raison, a-t-il expliqué « la catéchèse est inséparable du témoignage de vie ».
« Celui qui éduque à la foi doit être « comme le disciple bien-aimé, qui a posé sa tête sur le cœur du Maître, et qui a appris là la façon de penser, de parler, d'agir ».
Source : Zenit.org
dimanche, octobre 21, 2007
Binité et Trinité
Pour Hans Urs von Balthasar, le simple amour du Père et du Fils ne produit qu’une « binité » (Binität). Ce qui manque, ajoute-t-il, c’est « le miracle de la fécondité, du cadeau qui dépasse l’un et l’autre ». (1) On ne peut s’empêcher, quand on a la joie d’être père à ce toujours plus que constitue l’enfant. Car c’est bien de la même « image et ressemblance » qu’il s’agit. Le conjugal s’épuise quand il est tourné sur soi-même et qu’il n’intègre pas le don, le débordement que constitue toute fécondité, dont l’enfant naturel n’est que la face la plus visible.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, III – L’Esprit de Vérité p. 39
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, III – L’Esprit de Vérité p. 39
dimanche, septembre 09, 2007
Basar
Le terme hébreu basar signifie au sens premier la chair de l’animal que l’on sacrifie. On dit aussi que l’homme est charnel. Pour Hans Urs von Balthasar, l’expression toute chair se rencontre aussi bien dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament pour désigner l’humanité dans son ensemble. Et c’est seulement dans les textes tardifs de l’Ancien Testament et dans les apocryphes qu’apparaît par infiltration de l’hellénisme une opposition chez l’homme entre la chair et l’esprit.(1)
J’avais déjà longuement discerné sur cette sémantique du terme basar dans mes pages consacrées au « une seule chair » de Gn 2,23 et dans le tome 2 de Bonheur dans le couple, en lui donnant la traduction hyperbolique de symphonie.
Je viens de recevoir une autre interprétation que je n’avais pas perçu. C’est l’utilisation de ce sens dans le « qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang » prononcé par Jésus lors de la Cène. Si chair est la personne toute entière du Christ, manger sa chair prend un sens tellement plus large. C’est une adhésion complète à sa personne, un basculement dans le en-christoï… Et de même, « boire le sang » est l’acte de vie, l’adhésion à une renaissance, au sens de celle de Nicodème.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, II ibid, p. 243
J’avais déjà longuement discerné sur cette sémantique du terme basar dans mes pages consacrées au « une seule chair » de Gn 2,23 et dans le tome 2 de Bonheur dans le couple, en lui donnant la traduction hyperbolique de symphonie.
Je viens de recevoir une autre interprétation que je n’avais pas perçu. C’est l’utilisation de ce sens dans le « qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang » prononcé par Jésus lors de la Cène. Si chair est la personne toute entière du Christ, manger sa chair prend un sens tellement plus large. C’est une adhésion complète à sa personne, un basculement dans le en-christoï… Et de même, « boire le sang » est l’acte de vie, l’adhésion à une renaissance, au sens de celle de Nicodème.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, II ibid, p. 243
lundi, septembre 03, 2007
Fidélité de Dieu
L’amour du Dieu fidèle qui constitue le fondement de toute la théologie de l’Alliance en pastorale du mariage n’a de sens que lorsqu’on a découvert, intégré, goûté cet amour de manière personnelle. Il dépend de « l’épiphanie » de Dieu par sa parole ou par le biais d’autrui. Le parallèle entre nos liens avec l’autre et nos liens avec Dieu reste fort. C’est dans l’exercice quotidien de la confiance, mais parfois aussi du doute et de l’absence que ce construit un amour véritable, une fiance.
Mais à cela, le théologien ajoute que « dans la relation avec la créature, il y a toujours eu deux choses : une grâce et l’exigence d’une réponse. Quand la réponse fait défaut, c'est à dire du côté de l’homme, l’histoire de Dieu avec lui est rompue » (1)
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, II ibid, p.158
Mais à cela, le théologien ajoute que « dans la relation avec la créature, il y a toujours eu deux choses : une grâce et l’exigence d’une réponse. Quand la réponse fait défaut, c'est à dire du côté de l’homme, l’histoire de Dieu avec lui est rompue » (1)
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, II ibid, p.158
vendredi, août 03, 2007
Image du Dieu invisible
Le Christ est image (eikon). Il est pour Hans Urs von Balthasar, « l'image originale (…) définitivement érigée par Dieu lui-même, en vertu de quoi il était interdit à l’homme d’en sculter ! (...) Celui là seul qui s’est fait homme est appelé par antonomase « image du Dieu invisible » (Col 1,15) ou bien image de Dieu, en précisant que la Gloire de Dieu resplendit en lui (2 Co, 4, 4) ». Mais ajoute-t-il, Jésus n’est pas unilatéralement image comme reflet tombant d’en haut. S'il rend présent Celui dont il est l’image, il est aussi image en tant qu'achèvement ou restauration du caractère iconique de l’homme, perdu ou effacé par la faute. (1)
Alors si l'homme et la femme sont créés à l'image et la ressemblance de Dieu, c'est bien pour tendre à devenir signe "efficace" de cet amour du Christ. Pour aimer comme, comme nous le dit si bien Ephésiens 5. Quelle perspective....
Dieu a fait la créature à son image et sa ressemblance pour qu’elle soit capable de l’intérieur et par sa grâce, de lui servir en quelque sorte de caisse de résonance où il puisse se dire et se rendre intelligible. (2)
On retrouve la le thème principal de ma deuxième partie du le tome 2 de Bonheur dans le Couple...
(1) D'après Hans Urs von Balthasar, La Théologique, II, ibid p. 76
(2) ibid p.86
Alors si l'homme et la femme sont créés à l'image et la ressemblance de Dieu, c'est bien pour tendre à devenir signe "efficace" de cet amour du Christ. Pour aimer comme, comme nous le dit si bien Ephésiens 5. Quelle perspective....
Dieu a fait la créature à son image et sa ressemblance pour qu’elle soit capable de l’intérieur et par sa grâce, de lui servir en quelque sorte de caisse de résonance où il puisse se dire et se rendre intelligible. (2)
On retrouve la le thème principal de ma deuxième partie du le tome 2 de Bonheur dans le Couple...
(1) D'après Hans Urs von Balthasar, La Théologique, II, ibid p. 76
(2) ibid p.86
mardi, juillet 17, 2007
Beauté
Qui peut dire la signification d’une symphonie de Mozart ? Et pourtant chaque note est pleine de sens nous rappelle Hans Urs von Balthasar. Plus l’œuvre est parfaite, plus aussi son contenu à interpréter est inépuisable.
Il conçoit alors la beauté comme un rayonnement qui s’imprime sur l’image elle-même et « lui confère une unité, une plénitude et une profondeur représentant bien plus que ce que l’image en elle-même contient. Elle est généralement ce qui donne à la vérité le caractère permanent d’une grâce ». (1)
Cela fait résonner en moi ce que je me plais à affirmer sur le « je te reçois et je me donne à toi ». On reçoit infiniment plus que ce que l’on ne pourra jamais donner, parce que le don de l’autre n’est que la face visible du don de Dieu. L’autre est image d’un mystère plus grand, plus infini qui l’habite et le transcende.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, I – Vérité du monde, ibid, p.149-150
Il conçoit alors la beauté comme un rayonnement qui s’imprime sur l’image elle-même et « lui confère une unité, une plénitude et une profondeur représentant bien plus que ce que l’image en elle-même contient. Elle est généralement ce qui donne à la vérité le caractère permanent d’une grâce ». (1)
Cela fait résonner en moi ce que je me plais à affirmer sur le « je te reçois et je me donne à toi ». On reçoit infiniment plus que ce que l’on ne pourra jamais donner, parce que le don de l’autre n’est que la face visible du don de Dieu. L’autre est image d’un mystère plus grand, plus infini qui l’habite et le transcende.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, I – Vérité du monde, ibid, p.149-150
mercredi, juillet 11, 2007
Séduction
Le temps de la séduction constitue pour moi un concept à creuser. Il est au cœur d’une recherche sur le sens de la vérité de la relation. Il y a dans toute extériorisation un temps et un comment qui détermine ce qui est de l’ordre de la séduction, du vrai et du bon. Et sur cette pente fragile de la séduction, on peut basculer dans le faux, comme prendre le chemin du don : Celui qui nous fait quitter les rives de l’artifice, pour s’exposer au réel. Cf. sur ce point, mes développements dans Bonheur dans le couple – tome 1.
lundi, juillet 09, 2007
Vérité
Pour Balthasar, la seconde propriété de la vérité, après l’absence de repli sur soi (alêthéia) c’est ‘emet' : on peut faire confiance, se reposer sur (1). Lié le dévoilement à la confiance, c’est introduire pour moi la condition de tout dévoilement. Il ne peut y avoir de vérité sans fiance et l’échange de la confiance, de la foi, est terreau de toute révélation. La fidélité, la constance, la solidité des rapports humains ne peut s’éprouver que dans le temps. Et le temps est ce qui donne à l’échange, son poids, sa mesure.
Peut-on aller jusqu’à dire que le dévoilement et la confiance sont les attributs de la vérité en amour ?
Sur cette voie, d’une certaine manière, on pourrait juger de la qualité d’une union à l’aune des propriétés transcendantales de l’être : après la beauté vient la perception du bon et du vrai en l’autre, deux qualités qui permettent de fonder une certitude.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, I – Vérité du monde, ibid, p.39
Peut-on aller jusqu’à dire que le dévoilement et la confiance sont les attributs de la vérité en amour ?
Sur cette voie, d’une certaine manière, on pourrait juger de la qualité d’une union à l’aune des propriétés transcendantales de l’être : après la beauté vient la perception du bon et du vrai en l’autre, deux qualités qui permettent de fonder une certitude.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Théologique, I – Vérité du monde, ibid, p.39
dimanche, juillet 01, 2007
Fécondité
C’est avant tout spirituellement que l’homme doit être fécond. Tel est pour lui à la fois le don et le devoir qu’il doit exécuter par obéissance envers Dieu.
Dans l’acte d’amour sexuel authentique, la part de l’homme qui a première vue n’est qu’action devient un réel don, mais seulement s’il comprend la perte de soi comme une manière de se retrouver en se donnant à l’autre. « L’homme ouvre la femme du dehors il l’a pénètre pour donner lieu au processus féminin d’enfantement qui se déroule du dedans au dehors. Les deux sont liés : chacun des deux mouvements est à la fois fin et commencement. On a de plus une dialectique entre solitude et couple : l’homme fait appel à la puissance d’enfantement de la femme pour engendrer en elle (...) dans l’acte même qui le rend agissant comme principe masculin, il manifeste à la femme la puissance qui réside en elle, tandis que la femme, en enfantant, manifeste la force de l’homme : dans l’acte de conception l’homme est actif, la femme contemplative, dans la naissance c’est l’inverse". (1)
Il me semble, même si Balthasar rejette l'intuition de K. Barth de trouver dans cette échange des éléments de comparaison avec la trinité économique semble latents. Il y a, de toute évidence depuis Genèse 2 et le Cantique des Cantiques, une analogie forte entre le mystère conjugal et le mystère divin, que l'on ne peut systhématiser, mais que l'on ne peut non plus oublier. C'est pour moi un chemin de réflexion en termes de pastorale du mariage. Non pour justifier un discours dogmatique mais pour introduire, dans un discours pastoral sur l'amour, une dimension chrétienne qui la dépasse, un sens sacramentel...
(1) Adrienne von Speyr, 80 psaumes, p. 113s cité par Hans Urs von Balthasar DDIV, p. 433
Dans l’acte d’amour sexuel authentique, la part de l’homme qui a première vue n’est qu’action devient un réel don, mais seulement s’il comprend la perte de soi comme une manière de se retrouver en se donnant à l’autre. « L’homme ouvre la femme du dehors il l’a pénètre pour donner lieu au processus féminin d’enfantement qui se déroule du dedans au dehors. Les deux sont liés : chacun des deux mouvements est à la fois fin et commencement. On a de plus une dialectique entre solitude et couple : l’homme fait appel à la puissance d’enfantement de la femme pour engendrer en elle (...) dans l’acte même qui le rend agissant comme principe masculin, il manifeste à la femme la puissance qui réside en elle, tandis que la femme, en enfantant, manifeste la force de l’homme : dans l’acte de conception l’homme est actif, la femme contemplative, dans la naissance c’est l’inverse". (1)
Il me semble, même si Balthasar rejette l'intuition de K. Barth de trouver dans cette échange des éléments de comparaison avec la trinité économique semble latents. Il y a, de toute évidence depuis Genèse 2 et le Cantique des Cantiques, une analogie forte entre le mystère conjugal et le mystère divin, que l'on ne peut systhématiser, mais que l'on ne peut non plus oublier. C'est pour moi un chemin de réflexion en termes de pastorale du mariage. Non pour justifier un discours dogmatique mais pour introduire, dans un discours pastoral sur l'amour, une dimension chrétienne qui la dépasse, un sens sacramentel...
(1) Adrienne von Speyr, 80 psaumes, p. 113s cité par Hans Urs von Balthasar DDIV, p. 433
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