dimanche, février 11, 2007

Deux approches complémentaires

Les CPM constituent un lieu d'humanisation privilégié, en particulier dans nos conjugaisons variées de 3 des 4 piliers du mariage. Mais ils ne peuvent proposer l'indissolubilité comme chemin d'humanité sans référence religieuse. Cela ne peut être pour autant une "tactique d'évangélisation ou une stratégie pastorale" (1) Il faut trouver un lieu de cohabitation entre ces deux réalités, humaine et spirituelle de notre présence. Nos rencontres sont de fait un "terreau naturel pour l'annonce de l'Evangile". A nous de ne pas en faire un lieu de prosélytisme mais de liberté, d'accompagnement, qui sans ignorer ce qui nous habite, laisse à l'autre un chemin de liberté et d'humanisation qui ne soit pas nécessairement, pour l'instant, celui du sacrement.

(1) André Fossion, Une nouvelle chance pour l'Evangile, p. 81

vendredi, décembre 15, 2006

Quand l'autre n'a pas la même foi - Accueil Rencontre n° 233


Les CPM occupent une place particulière et dans une certaine mesure privilégiée : « au porche de l'Eglise », ils reçoivent et accueillent des couples dont la motivation religieuse est très diverse. Pour certains, elle est enfouie ou masquée, pour d'autres, elle ne concerne que l'un des futurs conjoints, lorsque l'un croit et l'autre non.

Nos sessions s'enrichissent de ces rencontres où ceux qui se disent loin secouent ce qui est devenu habitude dans notre foi et, parfois, se découvrent finalement très proches des valeurs qui nous sont chères.

N'oublions pas que tout homme porte en lui une flamme et que les futurs mariés partagent celle qu'ils ont l'un vis-à-vis de l'autre. Ainsi nous découvrons en eux, les germes de Dieu, au-delà des indifférences apparentes.

Nous devons, cependant, rester attentifs à ce que ces différences soient prises en compte et intégrées dans leur histoire conjugale. C'est dans ce respect de leur liberté, de leurs héritages culturels et spirituels, que nous pourrons être éveilleurs du désir de Dieu.

En partageant leur soif d'un amour infini à construire, ils découvrent parfois une source nouvelle. Leur quête d'humanité peut alors permettre d'établir des ponts, des passerelles entre eux, mais aussi envers la société et l'Eglise.

Soyons attentifs à ces chemins parcourus et aidons-les à fonder leur amour sur la prise en compte et le respect de leurs différences... Le numéro 233 d'Accueil Rencontre éclaire ces chemins et nous donnent des éléments sur les enjeux de ces nouvelles mixités face au mariage

mardi, octobre 31, 2006

Christoph Théobald

Pour en savoir plus sur Christoph Théobald, le théologien qui interviendra à l'AG 2006 des CPM :

Né en 1946 à Cologne, Christoph Théobald, entre dans la province de France de la Compagnie de Jésus en 1978. Il enseigne la théologie au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris) depuis 1981. Par ailleurs il rédige un bulletin de théologie systématique pour la Revue de Science Religieuse. L'histoire de l'exégèse et celle des dogmes l'intéressent particulièrement. Après une thèse à l'université de Bonn (1986), publiée en allemand, sur Maurice Blondel et la Modernité, il a publié de nombreux articles dans des revues comme Études mais aussi des ouvrages, seul ou en collaboration et notamment trois ouvrages relativement accessibles aux Editions de l'Atelier (La Révélation, Présence d?Evangile et Une nouvelle chance pour l'Evangile).

Dans ce dernier, qu'il a publié en compagnie de Philippe Bacq, il part d'une réflexion très pertinente sur nos approches pastorales. Il y interpelle nos cheminements et notamment dans la lignée du Concile Vatican II et en particulier de la 3ème partie de Dei Verbum, sur l'Écriture dans la vie de l'Eglise.

Bibliographie de l?auteur

* 2006 : C. Theobald (Dir.) Vatican II sous le regard des historiens : colloque du 23 septembre 2005, Médiasèvres, Coll.« Travaux et conférences du Centre Sèvres - Théologie » n°136, Paris, 157p. ISBN 2-900388-77-5 * 2006 : Préface pour Geraldo Luiz de Mori, Le temps, énigme des hommes, mystère de Dieu, Cerf, Coll. « Cogitatio fidei » n°250, Paris, 392p. ISBN 2-204-08086-1

Note : Texte remanié d'une thèse de doctorat en théologie : Paris, Facultés jésuites du Centre Sèvres, 2002. L'auteur accorde une attention particulière au Brésil et à la problématique de l?inculturation.

* 2005 : Balthasar, Rahner Deux pensées en contraste, Colloque d'une rencontre, , avec Henri-Jérome Gagey et Vincent Holzer (Editeurs) Bayard, Paris * 2005 : Christophe Boureux & Christoph Theobald (Dir.), Le péché originel. Heurs et malheurs d?un dogme, Bayard, Paris, 215p. ISBN 2-227-47420-3 * 2005 : Alberto Melloni & Christoph Theobald (Dir.), Vatican II, un avenir oublié, Bayard, Paris, 313p. ISBN 2-227-47556-0

Note : Recueil de textes trad. extr. de la revue "Concilium".

* 2004 : Philippe Bacq & Christoph Theobald (Dir.), Une nouvelle chance pour l'Evangile. Vers une pastorale d?engendrement, Lumen vitae & Les éditions de l'atelier & Novalis, Coll.« Théologies pratiques », Bruxelles + Paris + Montréal, 200p. ISBN 2-87324-247-7 (Lumen vitae) ; ISBN 2-7082-3735-7 (Éd. de l?Atelier) ; ISBN 2-89507-629-4 (Novalis) * 2004 : Préface pour Pedro Rubens, Discerner la foi dans des contextes religieux ambigus : enjeux d'une théologie du croire, Cerf, Coll.« Cogitatio fidei » n°235, Paris, 538 p.

Note : Texte remanié : Thèse de Théol. : Paris, Centre Sèvres : 2002. La foi vécue au pluriel : penser avec Paul Tillich : un discernement théologique du croire en contexte brésilien. ISBN 2-204-07207-9

* 2003 : Présences d'Évangile. Lire les Évangiles et l'Apocalypse avec l'Église d'Algérie et d'ailleurs, Les éditions de l'atelier + éd. ouvrières, Paris, 223p. ISBN 2-7082-3710-1 * 2002 : Pierre Gibert et Christoph Theobald (Dir.), Le cas Jésus Christ : exégètes, historiens et théologiens en confrontation, Bayard, Paris. ISBN 2-227-47078-X

Note : Recueil de textes extr., pour la plupart, de la revue "Recherches de science religieuse", t. 87, n° 3, juillet-sept. 1999 et t. 88, n° 4, oct.-déc. 2000.

* 2002 : Introduction pour Vatican II : l'intégralité, Bayard, Coll.« Bayard compact », Paris, 1177p. ISBN 2-227-47129-8

Note : Éd. bilingue révisée. Textes en français et en latin. En appendice, table analytique et résumés. Index

* 2002 : Éditeur scientifique pour Philippe Charru (SJ), La Pensée musicale de Jean-Sébastien Bach. Les chorals du Catéchisme luthérien dans le "Clavier-Übung"(III), Mardaga, Coll. « Musique musicologie », Sprimont, 311 p. ISBN 2-87009-801-4 * 2001 : Hervé Legrand & Christoph Theobald (Dir.) Le ministère des évêques au concile Vatican II et depuis : hommage à Mgr Guy Herbulot : [actes du colloque, mars 2000, Evry] / [organisé par le diocèse d?Evry ; avec la collab. de l?Institut catholique de Paris et du Centre Sèvres], Cerf, Coll.« Théologies », Paris, 325p. ISBN 2-204-06723-7 * 2001 : La révélation, les Éd. de l'Atelier-les Éd. ouvrières, Coll. « Tout simplement », Paris, 238p. ISBN 2-7082-3587-7 * 2001 : Yves Simoens & Christoph Theobald (Dir.), Sous le signe de l?imminence : l?Apocalypse de Jean pour penser l?histoire / session du Centre Sèvres (1999), Médiasèvres, Coll. « Travaux et conférences du Centre Sèvres », Paris, 189p. ISBN 2-900388-57-11 (erroné) * 2000 : C. Theobald (Dir.) La théologie en Europe du Sud ; Association européenne de théologie catholique, Cerf, Coll.« Théologies », Paris, 234p. ISBN 2-204-06492-0 * 1996 : Collab. avec Bernard Sesboüé, Histoire des dogmes. Tome IV, La Parole du salut : la doctrine de la Parole de Dieu : la justification et le discours de la foi, la révélation et l?acte de foi, la Tradition, l?Écriture et le magistère, Desclée, 658p. ISBN 2-7189-0628-6 * 1996 : Collab. avec Philippe Lécrivain, Christoph Theobald & Yves Tourenne, L?Unique et ses témoins : judaïsme, christianisme et islam, histoire et théologie d?une rencontre : session de rentrée du 1er cycle du Centre Sèvres, 18-29 septembre 1995, Médiasèvres, Paris, 252p. ISBN 2-900388-39-2 * 1993 : Joseph Doré & Christoph Theobald (Dir.) Penser la foi : recherches en théologie aujourd?hui : mélanges offerts à Joseph Moingt, Cerf : Assas éd., Paris, 1096 p. ISBN 2-204-04863-1

Note : Bibliogr. des ?uvres de J. Moingt, p.1077-1084.

* 1990 : C. Theobald (Dir.) Le Canon des Écritures : études historiques, exégétiques et systématiques, [Centre Sèvres] Cerf, Coll.« Lectio divina » n°140, Paris, 573p. ISBN 2-204-03137-2

Note : Par l'Atelier de théologie du Centre Sèvres, d'après "Comme une ancre jetée vers l'avenir", 1995.

* 1988 : Maurice Blondel und das Problem des Modernität, Beitrag zu einer epistemologischen Standorbestimmung zeitgenössischer Fundamentaltheologie. Frankfürter Theologische Studien 35, Verlag J. Knecht, Frankfurt/Main, 599p. ISBN 3-7820-0576-7 * 1973 : Collab. avec Jean Greisch & Karl Neufeld à La Crise contemporaine : du modernisme à la crise des herméneutiques, Beauchesne, Coll.« Théologie historique » n°24, Paris, 190p.

Note : Texte remanié de trois conférences prononcées à la Semaine méthodologique organisée par la Faculté de théologie de l?Institut catholique de Paris, 5-9 février 1973.

Bibliographie sur l?auteur

* Gérard Reynal (Dir.) Dictionnaire des théologiens et de la théologie chrétienne, Bayard Éditions / Centurion, Paris, 1998. ISBN 222735528X

Source : http://fr.wikikto.eu/index.php/Christoph_Th%C3%A9obald

Image de Dieu

Pour Urs von Balthasar (1), le concept d'image de Dieu se décline en trois tensions complémentaires. Il y a d'abord la tension entre le corps et l'esprit, mais aussi entre l'homme et la femme (cf. Gn 2) et enfin celle qui touche l'individu et la communauté tout entière. Pour lui, ces trois images restent inachevables. Elles ne sont que des esquisses de projets fragmentaires.

Peut-on dans ce cadre dire que seul le Christ achève la synthèse de ces trois tensions ? : Il est esprit et corps transfiguré. Mais il est aussi le lieu d'unité de l'homme et de la femme dans le sens symbolique que lui donne Ephésiens et si l'on considère que son coeur ouvert et transpersé abreuve l'Eglise. Cette deuxième notion est alors complétée par celle de l'unique médiateur, individu qui se fait corps du Christ...
Si nos tentatives humaines, que nous avions déjà commenté chez Bonnaventure reste des esquisses partielles, il est alors important de ne pas absolutiser "un seul aspect de l'image de Dieu au détriment des autres qui sont aussi indispensables" (2)
On peut concevoir ainsi l'importance de l'union de l'esprit et du corps dans la sexualité, de l'homme et de la femme comme source de don mutuel, et insister sur le rapport entre l'individuel et l'universel pour défendre l'importance de l'envoi et de la fécondité de tout homme. Mais cela ne reste que des tensions. Je note cependant avec intérêt à ce stade, une théorie que je défends sur les trois aspects qui peuvent mieux approcher la notion d'image que la seule relation ? Cela rappelle en effet, ce que j'ai évoqué sur une sexualité qui doit reposer sur trois piliers : le plaisir (lieu de rencontre du corps et de l'esprit), la construction du couple (lieu de don et de différences assumées) et la fécondité (lieu d'ouverture à l'universel)... Ainsi ces trois aspects contribuent au sein même de la rencontre de l'homme et de la femme à exprimer l'étendue et la tension d'un chemin vers Dieu...
(1) d'après Hans Urs von Balthasar, Dramatique Divine, 3 L'action, ibid p.199
(2) ibid. p. 200
Voir sur ce thème : Image Balthasar Médiateur

samedi, septembre 30, 2006

Admettre la jalousie


La jalousie est au coeur de toute rencontre humaine.
A travers le racit de Caïn et Abel,le texte de la Genèse nous montre déjà combien elle peut être source de violence et de souffrances...
Dans le couple aussi, nos différences sont complémentaires mais lieux de tensions et quand le regard d'un autre attise cette souffrance, c'est toute la construction qui tremble.
Accueil Rencontre, dans son numéro 232 nous livre quelques secrets...

dimanche, septembre 17, 2006

dimanche, juin 18, 2006

Gabriel Marcel : S'engager...

Pour un Gabriel Marcel, autre penseur chrétien du XXe siècle, l'engagement est fondamentalement une « fidélité créatrice ». Il ajoutera : s'engager n'est pas avoir toujours plus, mais être davantage ; s'engager, ce n'est pas posséder, mais recevoir. A l'extrême limite, « être, c'est aimer ». L'engagement est une participation à l'existence d'autrui, à la croissance d'autrui, à la liberté d'autrui.

On perçoit dans ces propos toute la profondeur qu'à le mot être chez Gabriel Marcel. L'engagement est en soi à la fois quitter l'avoir et s'exposer dans l'être, dans l'abîme inconnu de l'existence, où l'on n'est plus pour soi mais pour l'autre, tout en restant soi, pleinement soi...

Balises : Gabriel Marcel, Décentrement, Engagement

jeudi, juin 15, 2006

Jacques Lacan : Le couple et Dieu

Je découvre cette phrase de Jacques Lacan. Elle est tirée de l'un des recueils de son séminaire au Collège de France, paru en 1978. « Pour que le couple tienne sur le plan humain, il faut qu'un dieu soit là. » Le mot « dieu » est écrit avec une minuscule. Mais il y a là une vérité enfouie, surprenante de la part de cet homme, mais qui rejoins une veille affirmation de Dieu lui-même, qui, il me semble, peut lui faire écho. "Pour l'homme c'est impossible, mais c'est possible à Dieu" (Mat 19,26).
Prendre conscience, que l'amour est au dessus de nos forces, mais possible en Dieu, c'est amorcé le décentrement véritable, qui rend possible l'impossible...

samedi, juin 10, 2006

Image et ressemblance


Certes nous sommes créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, mais il faut reconnaître que ce plan de Dieu sur l'homme et la femme (Gn 1 et 2) se traduit vite par la violence et le meurtre comme le souligne l'histoire de Caïn et d'Abel qui suit ce récit de la création.
Croire au mariage chrétien, c'est alors constater notre faillibilité et croire en même temps que Dieu est amour et que nous sommes créés pour l'amour. C'est dans cette tension, dans ce paradoxe que la dynamique de l'engagement chrétien dans le mariage doit se comprendre. Seul nous ne sommes rien. Avec Dieu, en Christ, nous recevons Dieu comme guide, comme Parole, comme Esprit, pour nous permettre de mourir à ce qui en nous conduit à la séparation et pour renaître dans la dynamique d'un Dieu victoire sur la mort.
Notre couple est alors au coeur de la dramatique divine, signe efficace de cette lutte pour la vie.

mercredi, juin 07, 2006

Baptême et mariage

Pour bien comprendre le mariage chrétien, il faudrait repartir du baptême, comme étant le signe d'un double passage. Passage de l'esclavage à la liberté (Exode), passage de la mort à la résurrection (Passion).
Le sacrement se comprend dans cette dynamique. Je meurs à moi-même par amour. Ce renoncement se fait dans sa composante la plus radicale, celle qui me conduit au don de moi-même. Le don n'est possible qu'en Dieu, celui qui a fait le seul véritable don total, par amour, jusqu'à la croix.
Vivre dans cette dimension de baptisé, c'est faire de son mariage, un geste fort, irrémédiable, indissoluble dans la dynamique du don. Je ne me prête plus à toi. Ma vie, mes actes te sont donné. Certes cela s'inscrit dans une dynamique réciproque. Je te reçois et je me donne à toi, mais mon don est total, ce qui sous-entend que si tu ne donnes plus, je ne peux pas, pour autant reprendre ce que j'ai donné. Et dans ce sens, mon engagement demeure, au delà de ce que tu as fait de ton don. Cette dimension radicale est celle du Christ, de l'amour et ce que Dieu a donné sur la Croix, nous sommes appelés à le signifier, en entrant dans cette dynamique de l'indissolubilité. Chemin impossible pour l'homme seul, mais pour lequel, le couple chrétien demande la grâce de l'Esprit-Saint.

mardi, juin 06, 2006

Aimer c'est risquer...

On ne rêve plus. Le monde s'enterre sous la peur, l'insécurité ? Est-on prisonnier à ce point de la désespérance, quelle place laisse-t-on au possible, au sourire, à autrui ?
Notre XXIème siècle n'est-il pas malade de cette course au bonheur individuel, loin de la joie véritable, celle qui risque, ose, de lance dans l'inconnu de la rencontre.
L'amour est-il dans le confort douillet d'un "autour-de-moi" ou dans la lancée vers autrui, au mépris de l'inconfort et de ce que cela pourra générer chez moi de peine et de souci...
Difficile tension me direz vous... ?
Mais n'est-ce pas là l'enjeu d'une humanité en devenir...

dimanche, juin 04, 2006

Une dynamique de la volonté affirmée

Le mariage n'est pas la constatation instantanée d'un fait : deux personnes qui semblent s'aimer, mais l'affichage aux yeux du monde d'un engagement ; deux personnes qui veulent dépasser la facilité d'un lien éphémère pour tenter d'avancer dans la durée, au delà du facile, envers et contre tout. Il s'agit d'un basculement, d'un choix intérieur fondamental, d'une préférence (celui là, celle là) et de ce fait d'un renoncement (pas toutes les autres).
Cet engagement volontaire, cette dynamique n'a de sens que si elle est constamment revisitée, rechoisie, renouvelée, à l'aune du choix initial, mais aussi au delà, dans ce qui peut être un formidable pari sur l'avenir.
Et dans ce cadre on peut affirmer qu'il y un avant et un après de l'échange des consentements.

samedi, juin 03, 2006

Mariage, un acte social

Dans un contexte qui met l'accent sur la liberté de l'individu, il semble utile de rappeler l'importance d'un engagement "socialement responsable", c'est-à-dire d'un acte qui ne se réduit pas à un acte privé mais qui exprime une volonté d'incarnation de la personne dans le jeu public.
Le mariage a un caractère institutionnel, dans la mesure où il manifeste le basculement d'un couple de la sphère d'une alliance privée a une fonction social, de couple, de parents, d'éducateur. Dans le mariage, le couple en tant qu'ensemble constitué à un rôle et s'engage dans ce sens, à la différence d'individus séparés. Cela implique une solidarité et une réciprocité entre ses membres, et en même temps, une solidarité sociétale, intramondaine.

vendredi, juin 02, 2006

De l'ombre à la lumière,

Il y a dans ce film de Ron Howard, une grande finesse de traits. Admirablement interprété par Russel Crowe et Rénée Zwellinger, on notera la fragilité de cette histoire conjugale, malmenée par la grande dépression de 1929. Une grande rage de vivre anime le boxeur déchu, Jimmy Braddock et le pousse à résister, à conserver sa famille unie, à se battre pour ses enfants...
De l'ombre à la lumière est un film d'espérance, parfois violent sur le ring, il est très discret et sensible dans son exécution.
A voir (maintenant en DVD).

mercredi, mai 24, 2006

Eros et Agape - II

Dans ce chemin vers le décentrement, le désir est vecteur central. Le désir qui naît de la chair, incarné, réel et en même temps tout tourné vers un ailleurs. La dramatique chrétienne nous y introduit fort bien comme le souligne Balthasar (1). Pour lui les drames où la passion éphémère se transforme en amour humain capable de résister devant le jugement de l'éternité sont retournés dans le milieu chrétien. Ainsi par exemple la transformation de Dante par l'amour de Béatrice qui le juge, la purification de Rodrigue par le sacrifice de Prouhèze demeure "l'étoile qui guide". Ces deux drames montrent par quelle mort l'éros doit passer, avant de se muer en agapê capable de tenir au jour du jugement dans la lumière éternelle. "L'éros seul est trop attaché à la continuité des générations à poursuivre sur terre pour qu'il puisse s'en délier, comme Soloviev le croyait possible". On rejoint là l'idée du dépassement de l'existence finie dans l'amour véritablement spirituel, que l'on trouve particulièrement développé dans le théâtre de G. Marcel à laquelle j'ai consacré il y a plus de dix ans, une longue analyse que l'on retrouvera dans "Chemins..."
(1) cf. Hans Urs von Balthasar, Dramatique Divine, 3, L'action p. 99ss

dimanche, mai 21, 2006

Un projet stable

Pour Master & Johnson (1), la réussite sexuelle est favorisée quand le couple s'inscrit dans un projet stable.
Sans commentaires

(1) cité par F. Sand, ibid

samedi, mai 20, 2006

De l'Eros à l'agape

On connaît maintenant la longue description de Benoît XVI dans "Deus caritas est" qui cherche une cohérence entre eros et agape. Pour Balthasar, l'éros "met l'individu au service de l'espèce (...) et lui présente dans l'amour d'un autre le mirage de l'absolu. Ce contact avec l'absolu s'évanouira pour autant que l'eros est un pur phénomène sexuel, mais dans la mesure où il creuse jusqu'à la racine de l'amour, il peut durer au delà de l'éros et c'est bien souvent sa volonté, tant qu'il ne se heurte pas à la limite tragique de la mort."
A méditer...
(1) cf. Hans Urs von Balthasar, DD 3, L'action p. 93

vendredi, mai 19, 2006

Solitude, solitude

Je ne sais plus d'où je tire ce vieil adage que je trouve fort juste. "Le couple, c'est deux solitudes qui se penche l'un vers l'autre". Mais j'ajouterai, ce n'est pas dans cette cohabitation que l'on trouvera la clé des champs. La solitude reste au coeur de notre existence. Pour Balthasar, la prise de conscience de sa finitude plonge l'homme "dans une solitude où inéluctablement le guette sa propre mort. C'est là une caractéristique qui ne le lâchera pas, même dans ses actes spirituels, ni surtout dans l'expression pourtant duelle de l'amour humain."
Et il ajoute :"chacun meurt seul, même s'il meurt en même temps qu'un autre".
Face à cela, la solitude du Christ en croix est le seul message...

(1) cf. Hans Urs von Balthasar, DD 3, L'action p. 83ss

jeudi, mai 04, 2006

Couple et Trinité

En quoi l'homme peut-il être à l'image de Dieu. Cette notion est complexe et j'y ai d'ailleurs consacré plusieurs chapitres d'un livre que je cherche en vain à éditer (sans commentaires). Mais si ma réflexion part de l'approche sponsale de Gn ("Homme et femme ils les créa...), je pense que la véritable dimension trinitaire de l'homme est bien plus vaste. C'est ce que nous explique Balthasar, dans un texte complexe mais qu'il vaut la peine de méditer "à petit pas" : "L'esprit créé doit sortir d'une possession de soi la plus intime, irréfléchie (memoria) et s'opposer à lui-même pour se saisir (intellectus) et par là aussi finalement s'affirmer par amour (voluntas). Le triple pas se produit au sein du même être spirituel, et il est par là un image de la vie intérieure de l'unique Esprit divin ; mais il enferme en même temps l'esprit créé en lui-même ; il ne peut donc pas montrer comment se réalisent la véritable objectivation et le véritable amour, qui visent toujours l'autre. C'est pourquoi l'image de Dieu doit se trouver aussi dans le mouvement opposé de l'esprit, qui le force à sortir de lui-même : du Je au Toi, et au fruit de la rencontre, que celle-ci soit la rencontre sexuelle de l'homme et de la Femme (le fruit peut alors être l'enfant, mais aussi, au delà, un fruit intéressant tout l'humain, qui dépasse la sexualité) ou une autre rencontre dans laquelle le Je se donnant au Toi, deviens pour la première fois lui-même, tout deux se réalisant dans un nous, dépassant la recherche du Je. Ce n'est que dans un tel dépassement que se produit la première image, immanente à l'esprit et puisque ces dépassements sont innombrables dans la société humaine, ils brisent toujours ainsi le modèle clos (par exemple d'un mariage) et forment de nombreux mouvements recoupant comme des vagues."
Je trouve cette image très belle, parce qu'elle élargit encore plus la notion d'image et en même temps elle la relativise. Nous sommes à l'image de Dieu quand nous parvenons à vivre une véritable relation ouverte et féconde, mais notre petite épiphanie, constitue avec d'autres une immense tapisserie, que l'on ne peut percevoir, comme le disait saint Augustin, qu'en prenant de la distance. Toutes ces lueurs d'amour sur terre, éclaire le monde de l'intérieur. C'est le fourmillement de Dieu qui s'incarne dans nos mains et nos coeurs.
Nous sommes les fourmis de Dieu. Mais la métaphore a ses limites, car nous restons des êtres libres et ce n'est que scintillement, à l'image des étoiles qui reflètent à leur manière, la beauté d'une création vivante et agissante.

(1) Urs von Balthasar, Dramatiuue Divine 2,2 p. 416

mardi, mai 02, 2006

Maria Callas et Aristote Onassis

Je me suis fais prendre hier soir par la fiction sur la rencontre de ces deux "héros grecs". Il est intéressant d'analyser le rapport amoureux qui lie les deux personnages. Maria Callas, recueillie et aimée par un mari qui la materne et l'irruption dans cette vie d'un homme qui vient réveiller une passion enfouie. Malgré l'âge, une passion amoureuse qui fait perdre raison et qui ne permets plus de s'accrocher au réel. L'homme est fragile et le mariage ne tient qu'à un fil. Cela fait résonner la phrase lue récemment chez Lacan : "Le couple ne peut tenir dans la durée sans Dieu". Il est trop balloté par l'esclavage des passions amoureuses. Comment résister si l'on ne peut prendre de la distance, s'ancrer sur autre chose. La passion n'est pas l'amour mais qu'est-ce que l'amour ?

mercredi, avril 12, 2006

40ème rencontres internationales de la FICPM - Sion 2006

Travaillant actuellement sur la traduction des conférences des 40ème rencontres internationales de la Fédération internationale des Centres de Préparation au Mariage à Sion 2006 en Suisse, je suis ravi par cette réflexion anthropologique et théologique sur le pari de l'engagement.
L'engagement est au coeur de la décision de l'amour, elle le nourrit, le travail de l'intérieur, permet de lui rendre un sens...

Renseignements et inscriptions sur Sion 2006

vendredi, avril 07, 2006

Patience et longanimité

Est-ce que la patience et la longanimité, est-ce que l'agape sont des vertus essentiellement divine comme le rappelle (Ex 34,6). Si c'est le cas, je suis coupable d'anthropomorphisme et de réduction en disant que la sexualité est patiente et longanime et dans le plan de Dieu. Et cependant il y a là une correspondance à chercher car notre amour véritable est-il loin de celui reçu par Dieu ?
Si nous sommes crées à l'image, n'est-ce pas pour recevoir ou demander ces vertus divines pour nous même, dans notre esprit mais aussi dans notre corps, au sein même de notre humanité. Certes j'ai peut être fait l'impasse sur la méditation de l'alliance qui m'avait introduit au mystère du sacrement en osant cette réduction, mais l'essai de transposition, n'a d'intérêt que pour l'ouverture qu'il apporte. En osant dire que l'amour sexuel doit être patient et longanime, n'est-ce pas mettre une cohérence entre éros et agape, dans le sens encore donné par Benoît XVI dans son encyclique Deus est caritas...
A méditer

mardi, avril 04, 2006

Petite parabole du quatrième siècle...

Un rabbi demande à ses étudiants : "Quand Dieu crée le monde, qu'est-ce qu'il a créé de plus beau ?" L'homme et la femme, i-sh et i-sh-a, répond un étudiant.
"Rabbi, pourquoi, alors y a t il tant de problèmes entre l'homme et la femme ?"
"Tu ne sais pas lire", répond le Rabbi, "entre l'homme et la femme tels qu'ils s'écrivent en hébreu, il y a beaucoup de choses en commun : ish ou esh.
Quand ils construisent leur vie sur ce qu'ils ont en commun, ça donne esh, le mot signifie feu, ils se brûlent, et il ne reste rien. Quand ils construisent leur vie sur ce qu'ils n'ont pas en commun, c'est le yud et le "a" : ça donne Yah, c'est le nom de Dieu...
Jean Bernard Livio, s.j., conférence aux 50ème anniversaire des CPM, repris dans Accueil Rencontre nº227-228

lundi, avril 03, 2006

Emerveillement

L'autre est-il vraiment mon semblable différent ? Je dois aller chercher l'autre jusque dans sa différence, or souvent sa différence m'énerve. Il faudra passer par-dessus mon énervement pour parvenir à l'émerveillement.
Jean Bernard Livio, s.j., conférence aux 50ème anniversaire des CPM, repris dans Accueil Rencontre nº227-228

samedi, avril 01, 2006

Toute-puissance et vulnérabilité - Accueil Rencontre n° 229

Le numéro 229 vient de sortir. Je vous redonne sous ce lien un extrait de l'éditorial :

Toute-puissance et vulnérabilité, voici le premier dossier retenu par l'Equipe nationale des CPM pour cette année 2006. Ce choix s'appuie sur la richesse des résonances psychologiques et spirituelles de ce thème, au delà des représentations que nous pouvons en avoir dans nos engagements pastoraux. Vous trouverez dans ce numéro nos rubriques habituelles, en particulier vos écrits sur l'actualité de vos équipes, de la société et de l'Eglise (...) Ce numéro comporte aussi un article de notre aumônier national, Benoît Sévenier : il nous éclaire sur le nouveau rituel du mariage. Cet article est le début d'une série de trois, un des fils rouges de l'année.

Enfin, je voudrais, ici, exprimer mon regret de la disparition de la revue Alliance qui, comme nous, participait à approfondir la réflexion sur le couple et le sacrement du mariage. Ce numéro vous est envoyé aussi à vous tous, anciens abonnés d'Alliance. Nous serions heureux de vous proposer une continuité, différente mais proche d'Alliance. Enfin je voudrais remercier Michel et Monique Rouche auxquels je donne la parole puisqu'ils ont contribué à l'éditorial de ce numéro. (...)


Bernard Martin, Président des CPM

Chers amis anciens abonnés d'Alliance

Vos nombreuses lettres nous ont exprimé votre regret de la cessation de la parution d'Alliance. Sachant combien l'avenir du couple et de la famille vous tient à coeur, nous avons accepté l'offre des Centres de Préparation au Mariage, qui vous proposent de recevoir aujourd'hui une numéro de leur revue Accueil Rencontre, revue qu'ils publient depuis trente ans. Nous sommes heureux de retrouver à cette occasion Claude et Danièle Hériard avec qui nous avons travaillé à l'institut de la Famille ces dernières années. Nous espérons que vous puissiez retrouver dans ce numéro sur la toute-puissance et la vulnérabilité, assorti d'une proposition d'abonnement, une nourriture pour votre couple et vos engagements. La réflexion sur le couple et la famille devient capitale dans le monde d'aujourd'hui. Réunissons nos forces.


Michel et Monique Rouche avec l'équipe d'Alliance.

Sommaire et abonnement à la revue

dimanche, mars 26, 2006

Au delà de nos peurs

Nos peurs constituent les principaux obstacles à la sexualité : "peurs d'avoir mal, de choquer, gêne, culpabilité,..." (1) Cela conforte ma vision d'un nécessaire apprentissage du langage (cf. coeur à coeur). Pour que nos rencontres soient des lieux de communion, il nous faut traverser les pièges tendus par nos héritages, les sacs à dos que constitue nos origines, notre développement intra et extra-utérin, notre enfance...
Vaincre la peur, s'exposer. Cela n'a de sens que dans le temps, dans l'apprentissage de l'autre comme personne, aussi fragile que nous mêmes...
(1) F. Sand, ibid

jeudi, mars 23, 2006

Fragilité et sexualité

Chacun est responsable de la réussite sexuelle du couple. Ensemble ils se révèlent et s'offrent dans leur fragilité tout en supportant l'autre comme être manquant, être de manque. (1)
Je retrouve dans ces propos ma théorie des deux tours, qui voit dans une rencontre réelle et vraie la nécessaire descente de sa tour de désir et d'orgueil. La sexualité conjuguée c'est d'abord une exposition. Au sens lévinassien cela devient une mise à nu. Et cela fait raisonner en moi le texte de la Genèse : "ils étaient nus et n'en avait pas honte". Notre sexualité doit aller dans cette direction, non comme un but atteignable mais comme un sens, puisque le paradis donne pour moi une dimension eschatologique à la rencontre.

(1) F. Sand, ibid

mardi, mars 21, 2006

Histoire de la sexualité moderne

Je découvre que dans les études de Kinsey sur la sexualité, il ait pu faire la découverte que la femme avait aussi une satisfaction sexuelle même s'il continue de considérer que l'homme reste "responsable" de la sexualité féminine (1)
Cela semble pour nous un archaïsme et c'est pourtant ce qui soutient encore les théories abominables en faveur de l'excision dans certaines cultures. Dire et découvrir que la femme n'est pas soumise au plaisir de l'homme, partenaire et personne à part entière aurait du être le fruit du personnalisme. C'est pour moi en tout cas une évidence qu'il faut promouvoir dans nos sociétés.
Certes les sociologues actuelles nous diront que la contraception a inversé les rôles et que les femmes sont maintenant toute puissantes sur la sexualité conjugale. Je crois qu'il y a là à penser. L'homme et la femme sont appelés à n'être qu'une seule chair, non pas comme fusion indifférenciée mais comme symphonie des différences harmonisées et respectées. Tout un programme.
(1) F. Sand, ibid

lundi, mars 20, 2006

Sexualité et génitalité

On a trop tendance à réduire la sexualité à sa dimension génitale alors que nous sommes tous appelés à mettre en oeuvre nos sexualités au sens large vers d'autres formes d'altérité au service de ce vers quoi elle tend : la rencontre de l'autre. Sortir de l'autosuffisance, aller à la rencontre d'autrui, telles sont les forces vives qui nous sont données.
On peut renoncer à la sexualité génitale sans renoncer aux autres sexualités (1).
La sexualité nous met sur le chemin de l'autre. En entendant ce discours, je retrouve sous une autre forme, ce que j'appelais peut-être de manière pédante l'éros. Et de fait en traduisant sexualité = éros on rejoint tout un discours théologique et ecclésial qui en élargit encore le sens, jusque dans la toute dernière encyclique de Benoît XVI (Deus est amor) qui lui consacre de longs paragraphes. Entendre ces mots comme une éloge de la sexualité dans son sens le plus large, c'est commencer un chemin vers l'amour vrai, l'agapè...
On peut même alors parler de la sexualité du prêtre, qui est une autre forme d'exercice du don de la sexualité en l'homme : un instrument, un désir au service de l'amour dans son acception la plus large.

(1) F. Sand, ibid

dimanche, mars 19, 2006

L'orgasme, joie divine ?

L'origine étymologique du mot : orgasme = joie divine (1) est-il anecdotique où "dans le plan de Dieu". Peut-on dire, à la suite de la Genèse que Dieu en a fait le cadeau à la créature, et qu'il vit que cela était bon. On peut débattre sur ce thème, adopter une attitude puriste, janséniste. Notre culture actuelle pousse plutôt dans un sens différent, voire dans une idolâtrie pure et simple du plaisir.
La vérité pour moi est entre les deux. Il y a une cohérence à trouver entre le plaisir reçu et le plaisir partagé. L'orgasme s'inscrit parmi les talents donnés à l'homme, pour rendre grâce à Dieu et porter du fruit aux hommes. C'est dans cette double dimension que l'on peut chercher ce qui peut faire de notre vie conjugale un lieu de plaisir et un chemin de croissance et de fécondité.
La louange qui peut accompagner le plaisir s'inscrit quant à elle dans l'ordre de la liturgie. C'est ce que nous enseigne Jean Paul II dans ses catéchèses du mercredi lorsqu'il évoque la liturgie des corps...
(1) F. Sand, ibid

vendredi, mars 17, 2006

Sexualité, nos origines

F. Sand (1) rappelle à la suite des travaux de Freud, deux dimensions complémentaires de la sexualité :
a) la sexualité pulsionnelle qui chez l'enfant correspond à l'investissement progressif du territoire particulier de son corps passant par les phases orale, anale et phallique. Mais dans ce cadre, elle rappelle aussi la prise de conscience des sens, et notamment le plaisir de voir et de sentir. Cet attachement à l'odeur perdure toute la vie et que l'on peut en retrouver la trace dans nos sexualités conjugales dans la mesure où elle conditionne nos préférences personnelles, les nôtres, celle de notre conjoint.
La prise en compte de l'environnement de la rencontre est déjà une manière de l'humaniser. En respectant nos attachements réciproques et nos origines, nous sommes au service d'une plus grande qualité.
b) la sexualité-idéal qui nous pousse à investir fortement des valeurs, des idées. Il ne s'agit pas d'un plaisir génital mais d'une jouissance dont la prise de conscience est bien utile dans le couple.
Aller ensemble au Cinéma entre dans la sexualité-idéal. Cela peut même être un partage spirituel. Le plaisir de partager des valeurs comme toute forme de plaisir est lié à la sexualité.
Plus largement encore, ce qui touche aux "grands transcendantaux" comme le vrai, le beau, le bon est au service de l'harmonie conjugale, de la symphonie à construire.

(1) propos recueillis lors d'une conférence de F. Sand, conseillère conjugale du CLER et auteur de 25-35 ans, l'âge du labyrinthe, Bayard 2005, à l'institut de la famille, le 13 mars 2006, à l'occasion des conférences "cycles fiancés", organisé par les CPM

mardi, mars 14, 2006

Cycle de conférences

Il reste deux conférences au cycle "Spécial fiancés" de l'institut de la Famille de Paris.
Lundi prochain, Luc Crépy nous parlera de "Choisir le mariage chrétien"...
et lundi en 8, votre serviteur, en live sur : "Vivre son sacrement"... :-)

vendredi, février 24, 2006

Dernier Adam

Je découvre, grâce à l'Evangile au quotidien, ce texte de Jacques de Saroug, moine et évêque syrien (vers 449-521), tiré de l'Hexaméron ; Homélie pour le sixième jour (1) : "D'une certaine manière, Adam a été créé à la fois simple et double ; Ève se trouvait cachée en lui. Avant même qu'ils n'existent, l'humanité était destinée au mariage, qui les ramènerait, homme et femme, à un seul corps, comme au commencement. Aucune querelle, aucune discorde, ne devait s'élever entre eux. Ils auraient une même pensée, une seule volonté? Le Seigneur a formé Adam de poussière et d'eau ; Ève, il l'a tirée de la chair, des os et du sang d'Adam (Gn 2,21). Le profond sommeil du premier homme anticipait les mystères de la crucifixion. L'ouverture du côté, c'était le coup de lance porté au Fils Unique ; le sommeil, la mort sur la croix; le sang et l'eau, la fécondité du baptême (Jn 19,34)? Mais l'eau et le sang qui ont coulé du côté du Sauveur sont à l'origine du monde de l'Esprit. Adam n'a pas souffert du prélèvement fait dans sa chair ; ce qui lui avait été dérobé lui a été rendu, transfiguré par la beauté. Le souffle des vents, le murmure des arbres, le chant des oiseaux appelaient les fiancés : « Levez-vous, vous avez assez dormi ! La fête nuptiale vous attend ! »? Adam vit Ève à ses côtés, celle qui était sa chair et ses os, sa fille, sa soeur, son épouse. Ils se sont levés, enveloppés d'un vêtement de lumière, dans le jour qui leur souriait. Ils étaient au Paradis."

Quel beau commentaire qui renforce l'analyse paulinienne qui voit en Christ le dernier adam. On y retrouve également une correspondance intéressante avec l'analyse d'Ephésiens 5, ou le lien entre le mariage et la passion est explicitement lié, comme les deux faces d'une même image, d'un même amour véritable.

(1) trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, Médiaspaul 1988, vol.1, p.27

vendredi, février 10, 2006

Syndrome post-marital

Quelles sont les raisons qui peuvent pousser un jeune couple, juste marié à sombrer vers la rupture. A force de retourner le problème, j'en vois plusieurs (non exhaustif) :
- chez l'homme, après l'effort d'arriver au but : le mariage, il n'y a plus d'effort à faire. Elle est mienne, elle est acquise, et toute la séduction s'effondre dans une routine où l'on exige de l'autre ce qu'on est en droit d'attendre, sans répondre à l'attente...
- avant, le couple était une association de célibataire, qui ne prenait dans le conjugal que ce qui lui apportait de positif, mais sans aller dans le décentrement véritable de l'amour. L'amour est renoncement, il n'est pas dans la seule jouissance de l'autre...
- la belle famille n'existait pas, jusqu'au mariage. Mais quand on prépare la fête, et après, elle prend une place que l'on imaginait pas et l'on s'aperçoit que l'autre est aussi "fils de", "fille de ". Une étape est à franchir...
- l'arrivée de l'enfant est un lieu fréquent de crise, parce que l'on épouse une femme et elle se retrouve mère. Si rien est fait, à deux dans le respect des différences, alors le couple n'a plus de sens en soi...

Les solutions :
- le plus simple et ce que personne ne fait cependant, est d'aller consulter chez un conseil conjugal... Parce qu'il ne faut pas grand chose pour rebâtir, avant que l'irrémédiable se produise...
- le dialogue est à travailler, en toutes hypothèses, pour dénouer les noeuds...

Quelques pistes : "Bonheur dans le couple"

lundi, février 06, 2006

Famille, lieu de communication de l'amour

"La famille reçoit la mission de garder, de révéler et de communiquer l'amour, reflet vivant et participation réelle de l'amour de Dieu pour l'humanité et de l'amour du Christ Seigneur pour l'Eglise son Epouse" (1)

Cela ne veut pas dire que la famille soit un lieu de paix, mais cette proximité partagée, à laquelle se mèle les liens du sang est une école de l'amour. Le mariage appelle à cela, à être un premier signe efficace dans cette réalité là et c'est c'est peut-être aussi la première grâce reçue, premier germe d'un amour donné et qu'il faut faire germer dans cette "petite cellule de base" avant de la laisser rayonner, des graces reçues de cette joie trouvée et partagée.

(1) Redemptoris Custos, Exhortation apostolique de Jean-Paul II, § 7 reprenant Fam. Consortio Nº 17

mercredi, janvier 11, 2006

De la chair au pneuma...

"L'ensemble de l'ordonnance cultuelle de l'Ancien Testament restait dans le domaine de la sarx (chair), c'est à dire de la réalité intérieure au monde, elle n'atteignait pas le domaine proprement divin, le domaine du pneuma. Elle restait donc dans l'ordre des images (Hb 10,1) et n'arrivant pas jusqu'à la réalité même. Le culte tout entier n'arrivait pas à transpercer pour ainsi dire le mur des images : il représentait mais ne réalisait pas. Seul le Christ qui se donne sur la Croix fait éclater les images en mourrant de la mort d'un supplicié. Il ne traverse pas un voile symbolique, mais il transperce le voile réel, le voile de la chair, mur de séparation de notre existence terrestre et entre par elle dans l'autre monde, en présence de la majesté céleste du Dieu vivant. (1) On dépasse là les quelques réflexions sur le voile de la chair déjà esquissée plus haut. Je me demande même s'il ne faudrait pas paraphraser ce texte sur la place du sacrement de mariage dans la médiation du Christ ? Que fait-on de notre sacrement ? Reste-t-on dans le domaine de la chair où introduit-on un lien vers le Christ et sa médiation. A argumenter...
(1) d'après Joseph Ratzinger, ibid p. 303

samedi, janvier 07, 2006

Signe efficace

Quelle est la dimension exacte de cette notion de signe ?
Jusqu'ou allons nous dans la compréhension des "tâches" du couple chrétien ?
Quelle est la force réelle de notre sacrement ?
Je pense que nous n'avons pas fini d'explorer les écueils de cette course en sacs...
La vie d'un couple chrétien, comme celle de tout homme est semée d'embuches, mais c'est ce que nous en faisons qui devient trace fragile de l'indicible... Petite et pâle lueur d'un amour qui nous dépasse sans cesse...

lundi, janvier 02, 2006

Bonne Année

Que la paix règne en vos coeurs

Que la joe habite vos âmes,

Que l'amour rayonne à travers vous...

Que l'espérance vous soutienne...

En cette nouvelle année...

Claude

mercredi, décembre 14, 2005

Un amour et un mystère

"Il y a un amour caché au fond de notre nature et qui appelle l'union de l'homme et de la femme. (...) Autrefois, Moïse l'avait prophétisé et maintenant Paul le proclame d'une voie éclatante : "Ce mystère est grand dans le Christ et dans l'Eglise (Ep. 5,32). Il ne parle pas seulement pour l'homme, mais pour la femme, afin qu'il prenne soin d'elle comme de sa propre chair, ainsi que le Christ le fait pour l'Eglise... Que faut-il donc que tu dises à ta femme ? Dis lui avec beaucoup de douceur : "je t'ai choisie, je t'aime et te préfère à ma propre vie. L'existence présente n'est rien; aussi mes prières, mes recommandations et toutes mes actions, je les fais pour qu'il nous soit donné de passer cette vie de manière à pouvoir être réunis dans la vie future sans plus aucune crainte (de séparation). Le temps que nous vivons est court et fragile. S'il nous est donné de plaire à Dieu durant cette vie, nous serons éternellement avec le Christ et l'un avec l'autre dans un bonheur sans limites. Ton amour me ravit plus que tout et je ne connaîtrais pas de malheur plus insupportable que d'être séparé de toi."
Saint Jean Chrysostome, Homélie 20, Epitre aux Ephésiens, 1,4 PG 62, 147-148, tr. Orval, cité par Magnificat, nº 130, septembre 2003

mercredi, novembre 30, 2005

Violences conjugales

La presse s'indigne de chiffres effectivement choquants. Une femme meurt en France tous les quatre jours... de violence conjugale. Mais ce chiffre n'est que la pointe d'un iceberg dont on sent la profondeur dans les messages qui nous arrivent sur Bonheur dans le couple, ce site créé pour aider au bonheur et qui ne cesse de recevoir les complaintes de ceux qui n'y croient plus...
La violence est partout. Elle commence bien avant que les mots puissent la caractériser comme telle. Elle est déjà dans l'insinuation, dans la pression, le chantage d'un couple assymétrique, avant même de porter le nom de violence verbale, dans le fait de faire pression, d'établir des relations de dominant / dominé. Elle s'insinue dans tous les rapports dès qu'une jalousie est présente. Nos amis canadiens ont été beaucoup plus loin dans la lutte et la prise en compte de ce phénomène et j'avais publié dans la zone privée de PMC de nombreux éléments sur ce sujet.

mardi, novembre 22, 2005

Réjouis-toi homme, d'une joie qui va jusqu'aux racines... Car si ce n'est pas dans le monde que se situe la joie véritable, c'est à notre monde qu'elle a été révélée, et cette révélation nous trace le sentier qui y conduit. Il ne s'agit pas d'une utopie, mais d'un chemin périlleux de confiance et d'amour, à travers lequel nous percevons déjà des étincelles et des fragments et qui nous ouvre à la musique, l'harmonie infinie des personnes divines. La joie, c'est la participation fragile à la danse trinitaire.
Et la danse du couple est un signe éclatant de cette joie. La joie d'une famille est la joie de Dieu qui se révèle dans nos vies. "Et Dieu vit que cela était bon"...
La joie conjugale n'est pas cependant la seule. Il est des joies plus discrètes, et plus sublime, que l'on perçoit dans toutes rencontres, dans les lieux où 2 ou 3 sont réunis et que transparaît l'amour...

lundi, novembre 21, 2005

Réjouis-toi...

"Khairé"... L'histoire du christianisme commence par ce réjouis toi de l'annonce de la naissance de Jésus (Lc 1,28) confirmé par l'annonce aux bergers. C'est une grande joie. Mais est-ce l'illusion de la joie de ce monde. La bonne nouvelle est différente des joies du monde. (1)
Pour moi, il y a par exemple dans la vie conjugale une joie profonde et cette joie c'est de parvenir de manière fragile à être en Dieu (in christoî...).
Le message de l'Evangile n'est pas joyeux car il plaît mais parce qu'il vient de celui qui a la vraie joie. La vérité rend libre et seul la liberté rend heureux. Comme l'affirme Bernanos "la grâce des grâces serait de s'oublier soi-même".
Ce chemin est hyperbole, dans la mesure où l'échange des consentements n'est pas dans un recevoir et un donner immédiat, même s'il prend chair dès les premiers instants. Il est hyperbole, parce que le chemin tracé de cesse de s'affiner, s'invite à un dépassement, qui se construit dans le temps et pour lequel le je te reçois et je me donne à toi du Christ, dans le lavement des pieds puis à travers la passion constitue le sommet, indépassable, inimitable mais qui reste tension dans tout nos chemins de chrétiens...

(1) d'après J. Ratzinger, ibid p.80

dimanche, novembre 20, 2005

Révélation

"On ne peut constater Dieu comme on constate n'importe quel objet mesurable". (1) Cela passe par l'humilité au plan de l'être. Nous sommes appelés au sein même de l'exercice libre de notre intelligence à nous laisser interpellé par l'intelligence éternelle. Pour reprendre les termes déjà commentés dans chemins de lecture à propos de Balthasar, notre liberté finie doit s'ouvrir à une liberté infinie.
Ce n'est pas seulement un Tu a qui l'on peut s'adresser mais plus que cela ajoute J. Ratzinger. Il faut "s'adresser à celui qui est le fond même de mon être (...) mais en même temps relativiser car je ne puis aimer que parce que je suis aimé..." (2)

Il y a pour moi dans cet échange, le coeur de la révélation. On ne peut aimer, donner, que si l'on a reçu... J'en viens d'ailleurs à regretter que la nouvelle version du rituel du mariage ne mette plus en avant (3) cette phrase qui avait pour moi tant de sens : "Je te reçois et je me donne à toi". Elle était peut-être au niveau de l'hyperbole, mais elle entrait en raisonnance avec ce don premier de Dieu qui appelait à une réponse.

Je ne puis aimer l'homme que parce que j'ai la joie d'être aimé, sinon par l'autre, au moins par Dieu à travers l'autre...

(1) d'après J. Ratzinger, ibid p. 77
(2) ibid p. 79
(3) Il s'agit maintenant de la formule n° 3 (amendement au billet d'origine après vérification)

samedi, novembre 19, 2005

Mariage - Espoir

De retour du cinquantième anniversaire des CPM, je suis porté par cette espérance qui a réuni 505 animateurs et prêtres à Besançon. Le mariage est encore lieu d'espérance et nous repartons confiant sur la place et le dynamisme de ce mouvement au service des futurs mariés.

vendredi, novembre 04, 2005

Eglise sacrement

"L'Eglise est dans le Christ comme le sacrement c'est-à-dire le signe et l'instrument de l'unité profonde de tout le genre humain et de son union à Dieu." (1)
Cette dimension sacramentelle de l'Eglise est une ouverture particulière qui élargit le sens même de la vie du chrétien. Pour reprendre une analyse donnée dans Chemins de lectures sous le titre "Verticalité", le danger de notre culture de la personne, de l'individu tout puissant, nouvelle tour de Babel de notre humanité, est de vivre et construire pour soi, sans intégrer la dimension de communauté. L'Eglise est à l'inverse une école de la communauté. La cité de Dieu est la direction de cette église parfois malade et fragile, mais toujours en marche vers sa dimension sacramentelle. Comme l'amour du prophète Osée pour sa prostituée, le Christ nous aime malgré nos faiblesses et c'est à travers celle-ci que ce construit la révélation. Le souffle qui habite l'Eglise vient travailler son essence, vient l'habiter et c'est ce souffle intérieur qui est signe et instrument en nous de l'invisible. L'Eglise est "l'infrangible sacrement de l'unité" disait saint Cyprien.
"Pour que le signe (visible) puisse réaliser dans les faits une pareille médiation de l'extérieur vers l'intérieur cela implique qu'à l'intérieur il faut qu'il en ait reçu le pouvoir et cela est signifié par l'expression institué". (2)
J. Ratzinger rappelle d'ailleurs que cette notion d'Eglise sacrement a été introduite par Henri de Lubac dans "Catholicisme, les aspects du dogme'' dans sa critique d'une foi personnelle, de l'individualisme d'une recherche d'un Dieu pour soi seul.
Je crois que c'est le travers le plus fréquent de notre temps. Une volonté de maîtrise qui n'est finalement qu'orgueil et démesure, à l'image parfois de ces mots que j'aligne tous les jours et qui sont si souvent suivi de peu de chose, de peu d'amour. L'Eglise est autre chose que des mots, que ce blog. L'Eglise est dans la communauté d'amour que nous formons et qui transpire de l'amour de Dieu...
Et si je reprends là encore ce billet de chemins de lecture dans mon blogue mariage, c'est qu'il parle aussi sur la nature même du sacrement de mariage. Car si l'Eglise est sacrement, le mariage ne peut être que le signe de ce sacrement de communauté, de cette communauté visible et aimante... A méditer...
(1) LG, cité par Joseph Ratzinger, ibid, p. 46
(2) d'après Joseph Ratzinger, ibid, p. 51ss

jeudi, novembre 03, 2005

Baptême, suite...

Dans le baptême, la mort (les eaux, la mer) et la vie (source) sont étroitement mêlée. Le baptême est le plongeon dans la mort et dans la source de la vie. Seul le renoncement à soi-même conduit au pays de la vie. Cette double symbolique est très forte.
Mais ce renoncement n'est "sacramentel" que lorsque la foi est un don fait par l'intermédiaire de la communauté, qu'elle même reçoit en don. La foi ecclésiale conduit à penser que le baptême, c'est le sacrement de la foi ! Et c'est bien ce que signifait cette affirmation du credo pendant le rite du baptême.

On pourrait s'arrêter à cette description, mais la lecture d'Ephésiens 5 nous conduit à aller plus loin en direction du mariage. Le Christ voulait l'Eglise pure et sans tâche... " il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie (Eph 5,26) Et l'invite donc à cette purification. Et le couple, dans le don mutuel est également invité à cette purification et à ce don dans la foi, qui rend le sacrement de mariage sacramentel parce que l'échange des dons de soi s'inscrivent dans la même démarche sacramentelle au sein d'une communauté mais aussi au sein même de la petite église qu'ils sont appelés à former.

mercredi, novembre 02, 2005

Baptême et mariage, même combat ?

Par le sacrement du baptême, le nouveau baptisé entre en "communauté de nom avec le Père, le Fils et l'Esprit". Il entre dans une nouvelle unité pour appartenir au milieu d'existence délimité par ce nouveau nom, comme les nouveaux époux qui ne font qu'une seule chair, le baptisé est appelé à cette communion de nom. Il est "en Christ".
Etre baptisé, c'est ainsi "participer au rapport de Jésus avec Dieu (...) et recevoir pour sien le nom du Christ" (1) Cela implique donc en soi une mort à soi-même. J. Ratzinger souligne à ce sujet que dans la tradition, le baptême était précédé d'un "Crois tu en Dieu". La confession de foi était alors suivie d'un acte concret de conversion. On est loin,, rajoute-t-il de la forme administrative (et j'aujouterais presque superstitieuse) que peut prendre certains baptêmes. En un sens, c'est le risque et la conséquence d'un baptême systhématique des enfants.
Faut-il pour autant promouvoir ce baptême, au risque de ne plus baptiser personne. Oui si, comme le suggère J. Ratzinger le baptême est accompagné d'une démarche post-catéchuménale, comme elle l'est précédé pour les adultes.
A ce sujet, il fait deux remarques. Il rappelle que le Credo n'est pas une formule publicitaire : "Il ne peut-être exprimé que s'il l'on réalise en même temps l'acte de conversion au Fils de Dieu crucifié et si l'on assume par là aussi bien la passion que les promesses de la Vérité."
Enfin il souligne que le catéchuménat doit être autre chose qu'un cours de religion : "il est une partie du sacrement : non pas un enseignement préalable mais une partie intégrante de celui-ci. D'un autre côté, le sacrement n'est pas un simple rite liturgique, mais un processus, un long cheminement qui mobilise toutes les forces de l'homme, son intelligence, sa volonté, son sentiment." (2)

Ce que dit Ratzinger sur le baptême fait raisonner pour moi de nombreuses implications au sujet du mariage et de sa préparation... A méditer...

(1) Joseph Ratzinger, ibid, p. 32 et ss
(2) ibid p. 35 et 36

mardi, novembre 01, 2005

Sacrement, sens et médiation...

"Il n'y a pas de sacrement sans parole" (1). La foi ne vient pas à l'homme comme à un Moi isolé, mais celui-ci la reçoit de la communauté, de ceux qui ont cru avant lui et lui apportent Dieu comme une réalité de leur histoire. La communauté a donc un rôle essentiel de médiation, d'accompagnement, mais cet accompagnement est-il un rouleau compresseur ou un chemin d'Emmaüs, une explication de texte qui laisse à l'autre le cheminement intérieur, jusqu'à ce qu'il soit prêt à apercevoir dans la fraction du pain, le signe efficace d'un amour qui respecte sa propre liberté de marcher...
"La parole introduit dans notre relation à Dieu le facteur temps. (...) Nous voudrions avoir trouvé Dieu par nous même, nous mettons une contradiction entre tradition et raison, entre tradition et vérité qui s'avère en fin de compte mortelle. L'homme sans tradition, sans lien avec une histoire vivante est sans racine et s'efforce à une autonomie qui est en contradiction avec sa nature."
Il y a un parcours à refaire, comme ces quarantes passés au désert par le peuple d'Israël, et cette exode, nous avons chacun à la vivre, intérieurement, accompagné par l'éclairage avisé de nos pasteurs.

(1) Joseph Ratzinger, Les Principes de la théologie catholique, Esquisses et matériaux, Téqui, p. 29
(2) ibid p. 30

vendredi, octobre 21, 2005

Don et réponse

Pour Balthasar, le don du Christ, nouvel Adam, ne peut être "achevé" que lorsqu'il y a réponse (Ant-Wort) de la femme [Eglise]. Il établit alors un parallèle intéressant entre Ant-wort et Ant-litz (voir) visage... (Ant - Anti, contre).
Cela évoque pour moi, comme toujours une relecture du sens du sacrement de mariage. Comme le fait Paul dans Ephésiens, le dialogue entre Christ et Église s'inscrit dans la même dynamique que le "je te reçois et je me donne à toi". De fait, je devrais dire d'ailleurs l'inverse, puisque le sacrement dérive de cette correspondance. Mais il y a dans la kénose, cette dimension archétypique qu'il me semble important de méditer. Il ne s'agit pas seulement d'agir, mais cet acte n'a de sens que s'il conduit à une réponse. La passion ne serait pas "efficace" si elle n'avait été précédée de cet accompagnement des coeurs. Et cependant, comme le démontre Emmaüs, il restait encore un chemin à parcourir. La réponse de l'Eglise ne pouvait venir d'elle-même que dans la mesure où le souffle l'habite et lui "souffle" la réponse. Le dialogue Christ-Eglise pourrait être ainsi presque réduit au dialogue intra-trinitaire, à la symphonie des hyspostases... Et à cette symphonie, Dieu, dans sa miséricorde inépuisable, nous convie à devenir les instruments.
La deuxième remarque résulte du parallèle entre An-Wort et An-Sicht... Entre les mots et le visage. Visage du Christ, Verbe du Christ, verbe de l'Eglise, visage du Christ. Cela évoque bien sûr les accents lévinassiens de l'exposition du visage, qui sommes toutes ne sont pas étranger à mon premier point (cf. lien)
Plus loin (1), Balthasar évoque la création d'Eve, comme n'étant pas une création extérieure, ou un processus naturel, mais comme venant de l'intérieur et d'en haut. Cette approche prend tout son sens pour l'Eglise, nouvelle Eve, qui naît du désir du Christ et de Dieu. Elle ne lui est pas étrangère mais vient bien du dedans et c'est aussi pour cela et comme cela que nous sommes en Christ (en christoî).
La mission de l'Église, comme la mission de la femme, est continuation et conséquences de sa procession à partir du nouvel Adam. C'est pour Balthasar "accueillir et mener à la plénitude la fécondité de l'homme au sens large". Et pour l'Église, c'est bien de cela qu'il s'agit.
Ce que je trouve le plus éclairant demeure cependant cette vision pleine de signification : "Du côté (blessé) de celui qui sommeille (sur la croix) est tiré et façonné le "visage" répondant de la femme (Ep. 5,27) dont l'homme (vir) ne peut pas se passer. Le mystère de l'homme et de la Femme de la première création le montre mais ce mystère ne reçoit sa mystérieuse plénitude que dans le mystère du Christ-Eglise (Ep. 5, 27-33)." (2). Rappelons que ce sang versé est à la fois celui évoqué dans l'institution de l'Eucharistie, mais aussi ce fleuve qui coule du Temple dans la vision du prophète...
Alors, le cri de Jean-Paul II à Lourdes en 2005 prend un double sens : "Femme/Eglise, sentinelle de l'invisible.
(1) d'après Dramatique Divine, II-2, Urs von Balthasar, ibid p. 229
(2) ibid p. 231

mardi, septembre 06, 2005

Sexualité et Communion

Pour Balthasar, "il existe une sphère dans laquelle nos corps communique bien au delà de la sexualité non pas pour former une unité biologique mais un organisme pneumatique fondé sur la résurrection du Seigneur et sa présence eucharistique". On retrouve ce que je décrivais plus haut sur la danse trinitaire. Si nous avons reçu en nous l'Esprit et qu'à travers un acte de décentrement nous le laissons libre d'agir en nous, nous parvenons à cette fission nucléaire qu'évoquait Benoît XVI dans son homélie de Marienfeld (JMJ 2005), celle d'un coeur qui entre dans la communion véritable, la symphonie de Dieu en trois personnes, à laquelle nous devenons, par notre vocation des humbles participants.

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 359

dimanche, septembre 04, 2005

Egalité des sexes.

Pour Balthasar la primauté de l'homme se transforme en égalité. Quand la femme acquiert à son tour le pouvoir de tirer de sa chair un petit homme. L'homme à son tour naît de la femme (1 Co 11, 8-12) si bien qu'aucun d'entre eux n'a droit sur son propre corps mais sur celui de l'autre.
Si j'adhère à la première partie de l'affirmation, je souhaite apporter des bémols sur la seconde. Le droit sur l'autre et encore plus sur son corps est bien évidemment, d'abord et avant toute chose un don de Dieu et par extension le fruit du don réciproque que l'un et l'autre peuvent se donner à travers l'échange sacramentel. Mais est-ce un droit. Je dirais qu'il s'agit plutôt d'une attitude, d'une exhortation à l'ouverture et à cet échange symphonique qui caractérise la rencontre conjugale des corps et des coeurs...
(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 324

samedi, septembre 03, 2005

Co-créateurs

En faisant de l'être fini un participant à sa création, Dieu entame cet abaissement qui va jusqu'à la kénose. Il se place dans la dépendance d'un événement que les créatures peuvent déclencher à leur gré. On touche là au "profond mystère où l'homme n'est plus la chose du père mais est considéré comme personne dans sa relation immédiate à Dieu...." (1) Et le cri d'Eve qui dit "J'ai acquis un homme de Yahvé" saisit tout de suite la double filiation qui est en jeu. La naissance n'est pas seulement un don de la nature mais elle aussi cadeau de Dieu.
(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 325

lundi, août 29, 2005

Une compagne en Esprit...

Si Adam ne trouve pas dans la nature un être capable de satisfaire ses aspirations, c'est qu'il "veut un vis-à-vis qui lui offre spirituellement du charnel et charnellement du spirituel" (1). Comment comprendre ce mot de Balthasar si ce n'est en élargissant la notion même de sexualité à sa dimension de communion des coeurs. Si la communion de la chair n'est pas une communion des coeurs, si la chair et l'esprit ne trouve pas dans la rencontre des corps un lieu de dilatation et de symphonie alors l'homme est dépourvu de cette complémentarité même qui fait de lui une "petite" image de la communion trinitaire.

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, Dramatique divine, l'homme en Dieu, p. 323

mardi, juillet 12, 2005

Trinité...

Pour Balthasar, il semble que dans l'infini des personnes divines "soient ménagés en elle comme des espaces infinis de liberté pour que puissent s'effectuer les échanges entre" les trois personnes divines de telle sorte qu'il n'y ait aucune fermeture sur une identité confinée en elle-même. Pour lui, cela permet de qualifier ces échanges comme don, communion, réciprocité, joie, espérance et accomplissement parce que Dieu peut tout attendre de Dieu. Il parle à ce stade d'une intercession réciproque, d'une "parfaite transparence" et du mystère personnel inviolable (1) de chaque hypostase (personnes divines). Pour quelqu'un qui s'est spécialisé dans l'anthropologie du couple, cette danse des libertés divines, n'est pas sans rebondir sur cet échange conjugal, ou les libertés sont appelées à entrer dans une danse similaire. Le couple est alors à l'image de l'échange trinitaire...
(1) d'après Urs von Balthasar, ibid p. 222-3

mardi, juin 21, 2005

Liberté et fidélité

Le couple s'inscrit dans une respiration entre la liberté qui fonde leur lien et cette fidélité qui repose sur confiance et parole donnée.
Dans la conjugaison d'une vie, dans la chorégraphie de la distance, ils évoluent entre fusion et fécondité.
Cela suppose cependant une vigilance. Parce que la fidélité est un vouloir...

mercredi, juin 15, 2005

Le don d'être libre

Même la liberté est don de Dieu. Dans la découverte du sublime qui conduit à la rencontre de deux-êtres, nous pouvons percevoir combien l'autre est un don pour nous et que notre liberté d'agir, avec lui est aussi de l'ordre du don, c'est-à-dire s'inscrit dans ce cadeau que Dieu nous fait. Le recevoir comme tel, conduit à l'invitation, libre, de donner en échange. Cela souligne par ailleurs que ce don est sans limites. Même si nous ne pourrons jamais rembourser ce que nous recevons de Dieu, nous pouvons avancer dans cette symphonie de l'échange où par mon don en retour, je rentre dans la danse de l'amour...

vendredi, juin 10, 2005

Trop Tard ?

"Maintenant c'est trop tard"...

Quand dans un dialogue, l'autre nous donne cette réponse, quel chemin reste possible...?
Nous avons longuement débattu sur ce point hier soir dans un groupe de préparation au mariage.
C'est vrai que l'idéal est de ne pas arriver à ce point de rupture, ce qui suppose une mise en alerte permanente de la qualité du dialogue conjugal, de sorte à éviter que s'amoncelle la lie et que la coupe déborde...
Et cependant, quand elle est pleine, le pardon peut encore être possible.
N'est-ce pas à ce stade, quelque chose qui est impossible à l'homme mais possible en Dieu ?

A suivre...

samedi, juin 04, 2005

Distance et proximité

Il n'y a pas de personne plus proche que son conjoint. Cette proximité est source de joie, mais elle introduit nécessairement des frictions, des tensions, à tel point qu'une prise de distance, s'avère nécessaire.
C'est dans ces allers et retours que le couple se construit, entre le fusionnel et la distance créatrice.
On rejoint cette chorégraphie de la distance déjà évoquée...

dimanche, mai 29, 2005

La Confiance

Tout se base sur un petit mot fragile dont l'origine latine traduit à la fois fidélité et amitié...

Et sur cette base on pense que l'on pourra tenir.
Mais l'assymétrie d'une vie à deux réserve bien des surprises et quand la confiance n'est plus, il faut peut-être s'en remettre à la fiance...

C'est-à-dire à croire en ce qui est caché, enfoui, oublié et qui a pourtant généré la rencontre...

samedi, mai 14, 2005

Un mur entre nous...

Selon G. Simmel, il existe "un mur entre un être et l'autre, mur que même la volonté la plus passionnée des deux conjugués ne saurait abattre. " (1)

Cela confirme une intuition profonde. Celle que l'autre ne changera pas fondamentalement, malgré tous nos efforts et tout nos rêves. Une intuition qui se lézarde cependant pour deux raisons.
a) Ce que l'homme ne peut voir, Dieu peut le faire entrevoir.
b) l'homme est digne d'humanité...

Nous nous trouvons donc entre deux cimes...


(1) cité par Olivier Abel, ibid p.158-9

vendredi, mai 13, 2005

Habitudes

"L'habitude a un lien profond avec la liberté quand elle permet de mettre un délai entre le donner et le recevoir, quand elle permet de différer" (1).

J'ajouterais que la confiance permet cela. La confiance est fruit de l'habitude, mais elle constitue le ciment même de cette construction conjugale.
A partir de cela, on perçoit combien la rupture de la confiance est déstructurante. Elle s'inscrit en effet comme un process cumulatif, comme un escalier escarpé que l'on monte au gré de l'amour mais qu'une chute oblige à reparcourir en entier.

A l'inverse par contre de l'habitude se trouve la routine et l'ennui. Mais qu'est-ce que l'ennui, si ce n'est une faute partagée. L'absence d'investissement et la fuite vers son moi douillet.

L'ennui ne se combat pas seul mais à deux. La confiance en l'autre et en soi-même, sa propre capacité à gérer la surprise, sont les moyens possibles de remettre en place une dynamique, un échange.

(1) Olivier Abel, ibid p. 149

jeudi, mai 12, 2005

Parole et secret intimes

"La parole nous fait sentir ce que nous ne sentions pas... " (1)

Elle porte à la lumière ce qui est enfoui en nous et serait resté caché. La parole est l'essence même de la vie du couple. Un couple sans paroles est un couple qui meurt. On part de l'impression de tout savoir et l'on s'enfonce dans une irrémédiable distance.

Cela dit, il y a dialogue et dialogue...
On peut relire le texte sur les tours pour comprendre que le langage du haut des tours n'est pas celui qui construit le couple. Parler, c'est aussi écouter, entendre, sentir, vibrer, partager...

(1) Olivier Abel, ibid p. 149

mercredi, mai 11, 2005

Chorégraphie de la distance

Cette expression d'Abel : "chorégraphie de la distance" évoque pour moi la danse du couple, la symphonie d'une chair qui n'est pas réduite au corps mais conjugaison des instruments multiples qui font de nos rencontres une harmonie en devenir.

Dans la Philosophie de la volonté, P. Ricoeur soulignait déjà les vertus de la danse, qui ne sont pas qu'une harmonie du corps mais le phénomène d'une totalité unifiée, au sens donné par Jean Paul II dans Amour et responsabilité. L'âme, le corps et l'Eprit sont invités à la danse de notre amour. Travailler cette chorégraphie, c'est louvoyer entre proximité et distance, présence et respect. C'est entrer dans la magie d'un Je et d'un Tu (cf. Chemins, le blogue).

(1) Olivier Abel, ibid p. 136

mardi, mai 10, 2005

Accords et désaccords

Ce n'est pas seulement la réparation qui est fondatrice, c'est le désaccord qui est fondateur (1) Il est en effet fondateur dans le sens où il permet de remettre en question ces éternelles asymétries qui s'installent. Le désaccord, c'est l'irruption visible dans le couple d'une tension qui s'était installée sournoisement et qui fait signe, appelle au secours.
Fuir la dispute, une tentation très masculine, conduit à ré-enfouir ce qui devrait au contraire être révélé, remis sur la table, renégocié...


(1) Olivier Abel, ibid p. 134

lundi, mai 09, 2005

L'ennui

"En face de l'angoisse du désir inégal, il y a autre chose non moins terrible, la fatigue de l'égalité, l'ennui du désir égal." (1). Notre société amatrice de sensation forte, de surprise et de diversité est-elle devenue incapable de jouir de la présence fidèle, de la confiance qui nous fait grandir et reposer en paix au delà des inquiétudes bouillonnantes d'une société mondialisée. On sur-valorise la famille comme havre de paix et l'on méprise en même temps la routine, la mort d'une passion.


(1) Olivier Abel, ibid p. 107

dimanche, mai 08, 2005

M'aimes-tu ?

Quand Abel note dans la discipline de la véracité une perpétuelle inquiétude, un "Et si je me trompais sans le savoir ?" il me rappelle l'aporie déjà signalée chez Jean Luc Marion, cette impasse du "M'aimes-t-on ?". Abel souligne d'ailleurs, l'exigence d'autonomie individuelle qui peut devenir pathétique dans son désir de sincérité, d'indépendance jusqu'au "serf-arbitre (...) qui suis-je, moi, que serais-je si j'étais libre du regard et de la parole de l'autre ?" (1).

Ne retrouve-t-on pas ici encore dans une nouvelle conjonction cette notion de rôle que nous avions noté chez Balthasar sur Chemins, le blogue...

(1) Olivier Abel, ibid p. 101

samedi, mai 07, 2005

Divorce

"Tout conduit au divorce" (1). Dans notre société en effet, la pression la plus grande n'est plus celle qui nous poussait au mariage mais celle qui nous conduit à baisser les bras alors que tout peut-être à nouveau possible. Quel effort faisons nous ? Quel tiers avons nous consulté ? Pour que les joies premières qui nous conduisent l'un vers l'autre ne puissent venir reverdir les cimes de notre amour enfoui dans la routine, la lassitude ou le rêve...

(1) Olivier Abel, ibid p. 73

vendredi, mai 06, 2005

Au revoir l'image, bonjour le réel

La grande difficulté de toute histoire amoureuse est de pouvoir quitter l'image idéalisée et impossible que l'on peut avoir de l'autre pour s'attacher à une singularité toute ordinaire quoique irremplaçable. (1) Cet abandon sans retour est le pas du mariage. Non pas celui virtuel de l'engagement d'un jour, mais cette lente conversion intérieure qui nous fait passer du multiple à l'unique, d'un univers du possible à un je veux t'aimer. C'est le pas du "Je te reçois et je me donne à toi". Un lâcher prise qui conduit à une joie incommunicable et privée.

(1) d'après Olivier Abel, ibid p. 53

mercredi, mai 04, 2005

L'amour durable

L'amour durable n'est pas vendeur ? (1) et cependant les derniers sondages le confirment, la famille est la valeur centrale pour nos sociétés. Quel est ce paradoxe. Probablement une tendance à survaloriser liberté et plaisir immédiat. Mais le plaisir peut-il est durable s'il n'y a pas d'engagement, de volonté de durer. Et la liberté est-elle véritable s'il ne s?agit que d'une conformité à des élans passionnels. Suis-je libre quand je suis mes pulsions. C'est au coeur de ce questionnement intérieur que je peux me rendre compte, qu'au delà de ces deux aspirations, un chemin est possible, vers une liberté plus profonde et vers un engagement plus durable. La condition de ce bouleversement ? Devenir humain au prix d'un effort sur soi-même. Effort libérateur.

(1) Olivier Abel, ibid p.51

mardi, mai 03, 2005

Explosion

Deux des principales tensions qui maintenait le mariage ont explosé dans notre société moderne :
- la pression sociale
- la norme religieuse
Il reste donc à lui donner un autre sens, un acte libre qui porte un homme et une femme à choisir librement de s'engager pour la vie dans une aventure hors du commun, loin des sentiers battus, au delà de la conformité, au delà de la seule recherche du plaisir.

C'est un pari fou, mais un pari porteur de sens.
Un acte libre et en soi libérant de toutes les pressions intérieures, les déterminismes et conformismes.

J'avais le mariage n'avait été aussi empli de sens.

lundi, mai 02, 2005

Idolatrie - II

Il y a dans les catéchèses du mercredi de Jean Paul II (qui viennent d'être republiées aux éditions du Cerf sous le titre : "Homme et femme il les créa") un long passage commentant le regard et cette phrase de Jésus : "Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur" (Mat 5,28)
En première lecture, cette phrase ne m'avait pas touché, peut-être parce que je ne me sentais pas véritablement en adultère.
Et cependant, le commentaire de Jean Paul II, qui consacre plusieurs mercredi sur ce thème nous permet de prendre la mesure de la nature même de notre regard, y compris sur notre propre épouse. Et l'on mesure, que notre regard n'est pas souvent un regard de personne à personne, mais bien celui d'un homme du haut d'une tour (cf. infra), qui regarde l'autre comme objet et lui refuse sa place de personne, d'autre...

Il y a donc un chemin intérieur à parcourir, un chemin qui est "descente de tour"...

samedi, avril 30, 2005

Idolatrie

Jusqu'à elle point notre façon de faire, de présenter la rencontre intime d'un homme et d'une femme n'est-elle pas en fait, une idolatrie, c'est-à-dire au delà du raisonnement positif, une secrête vénération de cette course au plaisir qui nous habite intérieurement.

On peut se laisser aller dans ce travers, sauf à prendre une distance suffisante, un recul qui permet de réintroduire une chasteté véritable.

vendredi, avril 29, 2005

Solitude - II

Les limites d'une réflexion sur la solitude et sur ces élans mystiques qui nous poussent à quitter le présent dans la complaisance d'un état idéal, c'est cependant cette paresse qui nous pousse à fuir la routine du donner et du recevoir, la fatigue de l'encore. "Il y a en face, en face de l'angoisse de la solitude une autre chose moins terrible, la fatigue de partager, de sans cesse devoir partager, donner, recevoir, la fatigue de devoir quoi que ce soit à quelqu'un d'autre".(1)
Fuir le présent pour se complaire dans le rêve.

(1) Olivier Abel, Le mariage a-t-il encore un avenir ?, Bayard 2005

lundi, avril 25, 2005

Solitude

La solitude serait-elle commune à tout homme et ce jusqu'à la mort.
Solitude foncière de l'homme qui malgré la course au relationnel traduit un manque de sens, de direction ?

Solitude qui nous met face à nous-même dans une véritable responsabilité.

Solitude enfin qui nous renforce notre désir de l'autre, du tout Autre...

dimanche, avril 24, 2005

Inutile ?

Trouver un langage commun ? Quand l'autre n'a rien à dire, quand on est face à une absence de points communs, on peut être effectivement interpellé par notre place, notre rôle. Difficile de mettre au point un discours, au point que peut réapparaître le sentiment d'être inutile... Peut-être que de fait, le décentrement devient alors plus évident. Si je ne peux t'être utile, en apparence, laisse moi Seigneur être le seul signe de ta présence...

vendredi, avril 22, 2005

Idéal

Le coeur d'un choix amoureux, d'un discernement, ne repose-t-il pas dans ce conflit intime entre l'idéalité (de l'autre et de soi-même) et le réel ?

L'idéal nous fait courir, éveille notre désir, mais le réel nous heurte de plein fouet.
Travailler vers un renoncement à l'idéal, c'est avancer sur le chemin où l'on entre dans la confiance et l'espérance...
C'est préparer le chemin d'un je veux t'aimer pour la vie...

dimanche, avril 17, 2005

Couper les ponts du passé...

Le choix de l'engagement dans le mariage est-il concommitant dans le couple.
Dans la conférence mentionnée précédemment, nous développions l'idée reprise dans Découvrons l'amour de Denis Sonet, que l'engagement véritable est le résultat d'un saut dans le vide, le passage d'un pont fragile, sans retour...

Mais sommes nous en phases pour passer ce pont. Oui en principe, lorsque les époux prononcent le oui à l'Eglise. Mais une réflexion sur la personne, la distance souvent importante entre son Moi conscient et son paraître, le rôle qu'il joue face au monde (à l'aune des réflexions en cours sur la dramatique selon Urs von Balthasar) me font penser que si le oui est prononcé en apparence, il y a nécessairement une distance entre les deux conjoints sur leur capacité réelle à vivre cette préférence comme indissoluble. Ce saut est donc progressif. Certes on peut être l'un et l'autre dans la même dynamique, mais ce n'est que dans le temps que ce oui pour la vie devient réalité...

Cela repose principalement sur la capacité à dire véritablement un "je veux t'aimer" qui est lui même constitutif de la démarche d'alliance...

En théorie une bonne préparation au mariage, permet de réduire cette distance, cette assymétrie dans l'engagement.

A travailler...

Conférence à l'Institut de la Famille

Juste pour souligner une intervention plus longue que ce simple blogue.
Lundi dernier, ils étaient une petite centaine à venir nous entendre (mon épouse et moi) sur le thème "Vivre son sacrement".
Vous en trouverez pour quelques temps, la version texte sous ce lien

A cette occasion, une question des auditeurs réveille en moi quelques échos...
Voir billet suivant...

samedi, avril 16, 2005

La Confusion des genres

Juste pour signaler la sortie chez Bayard de ce nouveau livre de Xavier Lacroix : La Confusion des genres qui donne un éclairage chrétien construit à ce problème difficile de l'adoption par deux personnes du même sexe.
Il y reprend deux articles parus dans Etudes, complété par un argumentaire détaillé sous forme de questions réponses à des propos souvent peu fondés.

On y lit un propos qui reprend ce que je dis plus bas sur la chasteté dans sons sens parental, cette capacité à mettre entre le parent et l'enfant la juste distance qui lui permettra de grandir sans étouffer, de s'éveiller et de partir. En discutant avec X. Lacroix hier de ce livre, il me soulignait le risque fréquent dans un couple de même sexe d'un manque de pudeur sur leur intimité sexuelle vis-à-vis de l'enfant. Les conséquences de ce voyeurisme ou de relation qui peuvent devenir incestueuses me semblent graves sur la construction de l'équilibre de l'enfant.

Un sujet difficile et un livre qui apporte de bonnes réponses.

dimanche, avril 10, 2005

Chasteté...

La chasteté n'est pas la continence sexuelle mais bien cette attitude où l'on prend distance. L'autre n'est pas objet mais autre.
Etre chaste, c'est descendre de sa tour de désir et construire avec l'autre une symphonie fragile où chacun est respecté, tel qu'il est.

La chasteté est aussi parentale, dans l'art de laisser l'enfant être, devenir, grandir et partir.

On peut se demander si chasteté n'est pas de l'ordre de cette distance et proximité qui caractérise la relation entre l'homme et Dieu. Distance qui respecte l'autre dans sa dimension entière et proximité dans cette kénose où je m'agenouille devant l'autre, je me fait proche, tout amour et tout don...

samedi, avril 02, 2005

Homme et Femme, il les créa...

En ce jour de Deuil pour l'Eglise, je veux saluer ici celui qui a tant fait pour le couple et notamment une spiritualité du corps...

Citons dans le désordre (non exhaustif) :
- Jean Paul II, Encyclique Evangelium Vitæ
- Jean Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris Consortio
Les Tâches de la famille chrétienne,
- Jean Paul II, Lettres aux Familles, Mame-Plon,
Paris, février 1994
- Jean Paul II, Catéchèses du mercredi,
du 5 septembre 1979 au 28 novembre 1984 (4 ouvrages) :
- A l'image de Dieu Homme et Femme,
Une lecture de Genèse 1-3, Cerf, Paris, mars 1985
- Le corps, le coeur et l'esprit, Cerf, Paris, octobre 1984
- Résurrection Mariage et Célibat,
L'évangile de la rédemption du corps, Cerf, paris, mars 1985
- L'Amour humain dans le plan divin, Cerf, Paris septembre 1985
Une série plus longue mais plus accessible qui permet de mieux comprendre la pensée deJean Paul II sur le mariage, dans un style moins difficile que les encycliques. Quelques merveilles, en particulier dans le dernier tome sur le lien entre l'amour humain et l'Eucharistie.
Karol Wojtyla [Jean Paul II], "Amour et responsabilité",
Stock, Paris, novembre 1978
Difficile mais donnant une bonne analyse d'une sexualité responsable

mercredi, mars 23, 2005

Donner le temps au temps...

Donner le temps au temps.
Souvent nous voulons maîtriser le temps, l'organiser. Est-ce que ce n'est pas une façon de s'ériger en Dieu, et donc de tomber au coeur même de la chute que décrit Genèse 3. L'arbre de la connaissance et de la maîtrise.
C'est pourtant le chemin inverse sur lequel nous conduit la méditation de l'Ecriture. Après le massacre des prêtres, Elie est conduit par Dieu au désert (1 Rois 19). Pendant 40 jours, il va marcher dans le désert. Pourquoi ? Comme pour l'Exode et ses 40 années de pérégrinations vers la terre promise, il s'agit d'apprendre à mettrede la distance entre sa toute-puissance et le temps de Dieu. Trouver le temps de Dieu, passe par une dé-maîtrise, un dé-centrement.
C'est aussi le lieu d'une chasteté. Non pas au sens où on l'entend souvent : celle d'une pure continence sexuelle, mais bien celle qui laisse l'autre être, sans que l'on lui prenne son temps, sans lui faire violence. La chasteté, c'est la marche au désert où je quitte ma volonté de puissance pour trouver le souffle fragile d'un autrement.
Elie au bout du chemin parvient sur la montagne. Mais Dieu n'est pas dans le tonnerre ou le feu. Il est dans le "bruit d'un fin silence". Le souffle ténu d'une liberté qui nous laisse libre mais qui ne se manifeste que lorsque l'on a abandonné la maîtrise du temps, quand on a rejeté le désir de maîtriser l'autre et nous même. Ce n'est plus alors la violence mais l'épiphanie d'une présence.
Le fruit de la chasteté, c'est peut-être rejoindre cette tempérance qu'évoquait déjà Aristote dans l'Ethique à Nicomaque. Loin de nos passions frivoles, loin de l'urgence, le temps de Dieu, le temps qui nous échappe mais qui prend alors toute sa mesure.

samedi, mars 12, 2005

Séparation - II

Au delà de ce discours théorique, il reste cependant la réalité d'une vie.
Et la prise de distance est souvent la meilleure façon de remettre de l'ordre dans ses idées, de reprendre pied quand un quotidien ne permet plus de dépasser la violence et la haine.

mercredi, mars 09, 2005

Séparation

La séparation est visiblement utilisée par des couples chrétiens, si l'on en croit je ne sais quel site d'avocats qui précise qu'elle est rare et permet parfois de mettre de la distance dans une situation tendue et parfois irréparable...

Si elle est temporaire et permet de mettre de la distance dans une situation trop conflictuelle, on peut en comprendre l'utilité. Mais si elle est l'antichambre d'un divorce cela m'interpelle, en particulier lorsque l'autre ne dispose pas de la même solidité psycho-affective.

Cela reste une solution "moderne". Mais cette "tentation" a plusieurs inconvénients qui me semble majeurs :
1) que va devenir l'autre, quand je décide de me séparer ?
2) suis-je prêt a vivre les inconvénients cumulatifs (solitude, culpabilité, fragilité) qui sont connexes à ce type de solution,
3) il fait porter un poids lourd aux enfants qui vont rester toujours déchirés entre leur amour pour chacun des parents et comme toujours se sentir responsables...

Mais surtout, la séparation/divorce n'est pas compatible, a priori avec l'engagement pris lors de son mariage. Quelle que soit les conditions de celui-ci, les non-choix et les difficultés qui l'ont précédé, le mariage reste un engagement personnel, une volonté de s'unir à quelqu'un pour la vie, pour le meilleur mais aussi le pire. Ce n'est pas un contrat que l'on peut rompre pour incompatibilité de sentiment, mais bien l'engagement d'accompagner l'autre quand il est fragile, malade, souffrant et cela même lorsqu'il n'est pas à la hauteur de l'attente.
C'est dans l'assymétrie du recevoir et du don que l'on peut juger de l'existence d'un amour véritable et non dans l'existence ou non de sentiments pour l'autre.

Aimer ce n'est pas être transporté par l'autre dans un élan passionnel mais entrer dans une dynamique qui implique le don de soi et donc un décentrement...

Ce sens éthique du mariage est au coeur de l'engagement chrétien. Bien sûr, on peut l'ignorer et passer outre. Il reste difficile de juger les actes et la capacité à suivre un oui jusqu'au bout. Mais cela reste pour moi quelque chose d'essentiel, de fondamental. Il est certain, que dans mon cas, c'est plus facile à dire, puisque je ne vis pas le pire. Mais voilà ce à quoi je tient.

vendredi, février 25, 2005

Couple et parents... II

D'après certaines statistiques compréhensibles, le désir sexuel de la femme est en chute libre après une naissance et ne se rétablit que très doucement. 75 % des femmes n'aurait pas de désir un an après la naissance et 50 % au bout de deux ans.
Maris, à vous de jouer (lire à ce sujet : descente de tours...) pour rétablir sans violence les fondements même d'une communion de coeur, d'âme et de corps.

jeudi, février 24, 2005

Couple et parents...

L'irruption de l'enfant est lieu de plénitude, mais conduit à un profond bouleversement de l'équilibre même du couple qui bascule du deux à un autre registre. Ce basculement est un tremblement de terre dans le conjugal. Et cette tentation du parental, pleine de richesse va mettre en danger les fondements même de l'engagement. J'ai épousé une femme, et je me retrouve dans les bras d'une mère. Quel chemin...

mercredi, février 23, 2005

Le risque de l'amour.

Il n'y a pas d'amour sans tentation. Chaque fois qu'un couple s'approche d'une apparente plénitude, il est confronté à un risque plus fort et insidieux de se perdre, de se heurter au non amour. Le savoir, décrypter cette tentation permet de relativiser ces crises perpétuelles qui mettent en danger notre quotidien.

mardi, février 22, 2005

Le bon et le meilleur...

Il y a deux sortes de regard que l'on peut porter sur l'homme.
1) Voir le bon et le mal, mais en ce faisant on génère un jugement, une comparaison et, tel Caïn qui compare et juge, notre comportement engendre la violence.
2) Un autre comportement est de voir en tout homme le bon et le meilleur, c'est à dire d'introduire dans sa vision de l'autre l'hyperbole qui pourra conduire au bon.
Cette vision optimiste mais que certains peuvent qualifier d'utopiste permet de quitter le conflit de tour à tour qui constitue tout comportement, pour voir en soi et en l'autre, ce qui est perfectible. Cela suppose un croisement d'humilité, mais surtout un regard aimant, comme celui que pose le Christ sur le pêcheur : va et ne pêche plus, va, appelle ton mari, je veux demeurer chez toi...

dimanche, février 20, 2005

Doute...

Dans toute histoire amoureuse surgit une phase de doute. Mais douter de l'autre n'indique pas nécessairement qu'il y a erreur sur la personne. Le doute interpelle, dérange. Il peut être alors un chemin de réflexion, d'interpellation intérieure, pour retrouver en soi des éléments objectifs sur la nature du lien.
Une préparation (cf. http://mariage.eklesia.net/MARIAGE/preparer ) peut aider à cette interpellation et au retour à l'essentiel où l'on construit progressivement en soi des éléments objectifs qui fondent la décision de s'engager et la volonté d'entrer dans une dynamique du 'pour toujours'. Dynamique parce que le pour toujours n'est pas acquis, il doit se revisiter, se réaffirmer sur la base même de cette décision première, qui a été prise à l'issue de cette interpellation intérieure.
Tout cela est complexe, non modélisable. Le doute reste l'antichambre d'une liberté. Il peut aussi permettre un dialogue en vérité qui conduit au choix et à la rupture, mais qui se base surtout sur un fondement véritable et non plus la simple passion amoureuse, conditionnée et parfois fragile.

mardi, février 15, 2005

Autre chose...

Dans le mariage, il y a autre chose qu'un engagement de deux personnes, mais une dimension plus vaste, un signe, celui de l'amour de Dieu et de son église.

C'est le message du mariage chrétien.

lundi, février 14, 2005

Distance et proximité

Il y a en toi un univers,
et je n'accède qu'à la première marche.
Il y a en toi un mystère,
et je ne peux que l'effleurer.

Tu es plus que tu ne paraîs,
tu dépasses l'apparence
et ta beauté est plus belle encore
que ce qui éclate sur ton visage.

Tu es la fleur de ma vie,
et pourtant je ne puis l'atteindre,
un monde nous rapproche mais la mer est immense,
et je ne peux cueillir l'immensité...

vendredi, février 11, 2005

A l'image.. - II

Tu es plus que ce que j'aperçois de toi.
Il me faut descendre plus loin encore de ma tour,
pour percevoir cette imensité et ce mystère,
pour découvrir l'ampleur du possible,
qui réside en toi.

jeudi, février 10, 2005

Etonnement...

C'est toi qui l'as créé,
qui l'as tissé dans le sein de sa mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l'être étonnant qu'il peut-être...

Etonnantes sont tes oeuvres
toute mon âme le sait.

Etonnement que cet être qui demeure à mes côtés.
Merveille de la rencontre.

(D'après le ps. 138)

mercredi, février 09, 2005

Epiphanie...

Dieu reste invisible aux yeux, et pourtant, à chaque fois qu'une étincelle d'amour vrai passe entre les hommes, c'est une épiphanie, c'est à dire l'apparition brève et fugace d'une présence qui nous dépasse.
Dieu se manifeste dans nos véritables humanité.

Vu d'en haut, au delà du néant, la terre brille de mille feux.

mardi, février 08, 2005

Descendre de sa tour... - II

On ne peut répondre au besoin de quelqu'un qu'en sentant ce besoin de l'intérieur.
C'est la différence avec une fausse charité qui décide pour l'autre et de ce fait juge l'autre.

La relation conjugale véritable passe par cette descente qui permets d'établir une tente, ailleurs, loin de la tour de l'un et de l'autre, sur des nouveaux sentiers à parcourir...

A propos des tours...

dimanche, février 06, 2005

Tapisserie...

La vie de couple est une immense tapisserie.

On passe sa vie à nouer et dénouer des noeuds.
Et au terme du vie, lorsque l'on se retourne en arrière, il est possible de voir le chemin parcouru.
Alors seulement peut-on prendre conscience que "tout est grâce".



samedi, février 05, 2005

Responsable....

Responsable de l'autre certes...
Mais l'autre doit aussi exister, vivre, être.

Il faudrait donc passer de la responsabilité pour l'autre à la mise en avant de sa propre aptitude à grandir...
Responsable de son autonomie sans que le don de soi crée une dépendance ou une exigence..

vendredi, février 04, 2005

Fuites...

Variation sur le vouloir aimer...

C'est inscrit dans la constitution...
Mais chez l'homme il y a toujours cette tentation de fuite.
Un enfermement temporaire dans un ailleurs, une caverne dit J. Gray à propos de Mars et Vénus...
Une fuite mais avec élastique.
Une fuite pour mieux revenir.

Soit la fuite permet en effet de se reconstituer et elle est salutaire.
Soit elle est le commencement d'une fissure et il y a péril en la demeure.

Péril mais cela ne veut pas dire que tout est foutu.
Péril veut dire vigilance....

J'ai des espaces immenses inassouvis en moi..


mercredi, février 02, 2005

A l'image...

Je pensais que l'on était image. Mais un vieux sage me reprend pour spécifier que nous ne sommes pas image de Dieu mais à l'image de Dieu. C'est en tout cas ce que spécifie le texte de la Genèse.
Dieu créa l'homme à son image,
à l'image de Dieu il le créa,
il les créa homme et femme. Gn 1, 27

Une distance qui renforce les trois stades soulignés par Augustin et Bonnaventure.
Etre trace.
Etre à l'image.
Tendre vers la ressemblance.
Tout un programme pour une relation conjugale...